RAYON LIVRES

Jean-François Fayet: "VOKS : le laboratoire helvétique. Histoire de la diplomatie culturelle soviétique durant l’entre-deux-guerres". Georg Editeur, 2014

Les pratiques de la diplomatie culturelle soviétiques vus par un suisse.


Percer une brèche dans le mur d’hostilité et d’ignorance qui entoure tout ce qui touche à la Russie au sortir de la guerre civile. Cet exercice de séduction lancé par la VOKS — la Société soviétique pour les échanges culturels avec l’étranger — en direction des intellectuels, des artistes et des scientifiques, se heurte à d’extraordinaires résistances en Suisse, comme dans la majorité des pays occidentaux, et rapidement en Union soviétique-même.


Ce triptyque s’ouvre sur la mission du Dr S. J. Bagotski. Installé à Berne depuis l’été 1918 en tant que délégué de la Croix-Rouge soviétique et d’autres organisations de secours, il initie les pratiques de la diplomatie culturelle soviétique. Le livre retrace les réseaux que tisse la VOKS en Suisse. Divers acteurs locaux s’improvisent passeurs culturels : individus, sociétés d’amitié, d’étude ou d’échanges culturels avec la Russie nouvelle. Enfin, l’ouvrage présente le guide de la culture soviétique. Au-delà de l’étude des formes d’expression et des valeurs véhiculées, l’auteur reconstitue les étapes du transfert des objets culturels soviétiques, des bureaux de la machine propagandiste aux salles de lecture et de spectacle helvétiques.



Diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociale, de la Faculté d’Ethnologie de Paris VIII et docteur ès Lettres de l’Université de Genève (Karl Radek. Biographie politique, Berne, Lang, 2004), Jean-François Fayet enseigne l’histoire contemporaine dans les universités de Genève (1992-2012) et Fribourg (2012-1013). Le présent ouvrage est le fruit d’une recherche menée en Russie dans le cadre d’un projet du Fonds national suisse intitulé “La VOKS et les Amis suisses de l’Union soviétique”.

A propos de l’auteur

Nadia Sikorsky

Nadia Sikorsky a grandi à Moscou où elle a obtenu un master de journalisme et un doctorat en histoire à l’Université d’État de Moscou. Après 13 ans passés au sein de l’Unesco, à Paris puis à Genève, et avoir exercé les fonctions de directrice de la communication à la Croix-Verte internationale fondée par Mikhaïl Gorbatchev, elle développe NashaGazeta.ch, premier quotidien russophone en ligne, lancé en 2007.

En 2022, elle s’est trouvée parmi celles et ceux qui, selon la rédaction du Temps, ont « sensiblement contribué au succès de la Suisse romande », figurant donc parmi les faiseurs d’opinion et leaders économiques, politiques, scientifiques et culturels : le Forum des 100.

Après 18 ans en charge de NashaGazeta.ch, Nadia Sikorsky a décidé de revenir à ses sources et de se concentrer sur ce qui la passionne vraiment : la culture dans toute sa diversité. Cette décision a pris la forme de ce blog culturel trilingue (russe, anglais, français) né au cœur de l’Europe – en Suisse, donc, son pays d’adoption, le pays qui se distingue par son multiculturalisme et son multilinguisme.

Nadia Sikorsky ne se présente pas comme une "voix russe", mais comme une voix d’Européenne d'origine russe (plus de 35 ans en Europe, passés 25 ans en Suisse) au bénéfice de plus de 30 ans d’expérience professionnelle dans le monde culturel – ceci au niveau international. Elle se positionne comme médiatrice culturelle entre les traditions russes et européennes ; le titre de sa chronique, "L'accent russe", capture cette essence – l’accent n’étant pas une barrière linguistique, ni un positionnement politique mais une empreinte culturelle distinctive dans le contexte européen.

L'AFFICHE
Artices les plus lus

La décision de la Société de Musique de La Chaux-de-Fonds de ne pas annuler le concert d’Elisabeth Leonskaja et du Jérusalem Quartet, prévu le 22 mars, a transformé ce qui aurait pu être un simple événement culturel en une victoire de la raison et du professionnalisme. J’en explique les raisons et vous propose une interview exclusive de la grande pianiste.

Aujourd’hui, les librairies de Suisse, de France, de Belgique et du Canada recevront le livre « Vasyl Stus. Palimpsestes. Poésie et lettre du Goulag », consacré au poète ukrainien dont les vers ont été traduits pour la première fois en français par le célèbre slaviste. Les amateurs de poésie doivent cet événement littéraire à la maison d’édition lausannoise Éditions Noir sur Blanc.

Conservées jusqu’à présent au sein de la famille, les reliques personnelles du dernier roi d’Italie seront présentées pour la première fois au public à Genève : en mars, la maison de ventes Piguet mettra aux enchères un ensemble unique d’ordres de chevalerie et de décorations ayant appartenu à Humbert II (1904–1983). Elles seront exposées dans les salons de la Maison du 12 au 15 mars, avant d’être proposées aux collectionneurs durant la semaine de ventes débutant le 16 mars.