RAYON LIVRES

Vasyl Stus : Palimpestes. Poésie et lettres du Goulag. Editions Noir sur Blanc. Mise en vente : 12 mars 2026   608 pages • 28 Euros • 33,60 CHF

Traduction de l’ukrainien, préface et commentaires par Georges Nivat.

Un événement littéraire et éditorial : la première traduction en français du grand poète ukrainien du XXe siècle Vasyl Stus.

 L’Ukraine s’incarne dans deux figures majeures : Taras Chevtchenko (1814-1862), père de la poésie nationale, exilé par le tsar, et Vasyl Stus (1938-1985), poète dissident, persécuté par le régime soviétique. Dès 1965, Stus dénonce les répressions contre les artistes, ce qui lui vaut l’exclusion de l’université. Ses premiers recueils paraissent avant son arrestation en 1972.

Condamné à dix ans de Goulag, il endure l’extrême violence des camps de l’Oural et de la Kolyma. Cette épreuve forge une voix poétique unique, héritière de Rimbaud, Celan, Mandelstam. En captivité, il traduit Rilke et Goethe et compose son chef-d’œuvre, Palimpsestes, où se mêlent douleur et quête de liberté.

Ce volume réunit ses poèmes, des lettres et le bouleversant « Cahier du camp », transmis clandestinement. Mort en détention en 1985, Stus incarne la résistance culturelle face à l’Empire soviétique. Sa voix prophétique affirme la dignité d’une langue et rappelle que la poésie peut être un espace de liberté absolue, même au cœur du Goulag.

 Vasyl Stus (1938-1985) est l’une des figures majeures de la dissidence ukrainienne sous le régime soviétique. Né en Volhynie, il grandit dans le Donbass avant de s’engager, dès 1965, dans le mouvement intellectuel et politique pour la liberté en Ukraine. Poète d’une intensité rare, il publie son premier recueil en 1970, mais ses œuvres sont rapidement interdites par le pouvoir soviétique. Arrêté à deux reprises, il passe de longues années au Goulag, où il rédige son chef-d’œuvre Palimpsestes et traduit Rilke et Goethe en ukrainien. Il meurt en 1985 dans le camp de Perm-36, après une grève de la faim.

Aujourd’hui, son œuvre est étudiée dans les écoles et universités, et Stus incarne la résistance de la langue et de la culture ukrainiennes face à l’oppression russe.

A propos de l’auteur

Nadia Sikorsky

Nadia Sikorsky est née et a grandi à Moscou. Diplômée de la faculté de journalisme de l’Université d’État de Moscou, elle y a également poursuivi des études doctorales et obtenu un doctorat en histoire. Elle a travaillé pendant 13 ans à l’UNESCO, d’abord à Paris, puis à Genève. Après avoir occupé le poste de directrice de la communication de la Croix-Verte internationale, fondée par Mikhaïl Gorbatchev, elle crée en 2007 NashaGazeta.ch, le premier quotidien russophone en ligne de Suisse.

En 2022, Nadia Sikorsky a rejoint le Forum des 100 du Temps, qui réunit des personnalités ayant, selon la rédaction, « sensiblement contribué au succès de la Suisse romande », issues de la vie publique, économique, politique, scientifique et culturelle.

Après 18 ans à la tête de NashaGazeta.ch, Nadia Sikorsky a décidé de se consacrer à ce qui a toujours occupé une place particulière dans son travail de journaliste : la culture dans toute sa diversité. C’est ainsi qu’est né « L’Accent russe », un blog culturel trilingue en russe, français et anglais, au cœur de l’Europe, en Suisse, devenue sa seconde patrie et dont le multiculturalisme et le multilinguisme ont contribué à façonner le caractère de ce nouveau projet.

Au cœur du projet se trouve le regard d’une Européenne d’origine russe, forte de plus de 35 ans d’expérience professionnelle et d’une connaissance approfondie des deux traditions culturelles. Nadia Sikorsky conçoit son rôle comme celui d’une médiatrice entre ces deux cultures. Le titre du blog, « L’Accent russe », reflète cette idée : l’accent n’est ici ni une barrière linguistique ni un positionnement politique, mais une empreinte culturelle singulière dans le contexte européen.

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