Un événement littéraire et éditorial : la première traduction en français du grand poète ukrainien du XXe siècle Vasyl Stus.
L’Ukraine s’incarne dans deux figures majeures : Taras Chevtchenko (1814-1862), père de la poésie nationale, exilé par le tsar, et Vasyl Stus (1938-1985), poète dissident, persécuté par le régime soviétique. Dès 1965, Stus dénonce les répressions contre les artistes, ce qui lui vaut l’exclusion de l’université. Ses premiers recueils paraissent avant son arrestation en 1972.
Condamné à dix ans de Goulag, il endure l’extrême violence des camps de l’Oural et de la Kolyma. Cette épreuve forge une voix poétique unique, héritière de Rimbaud, Celan, Mandelstam. En captivité, il traduit Rilke et Goethe et compose son chef-d’œuvre, Palimpsestes, où se mêlent douleur et quête de liberté.
Ce volume réunit ses poèmes, des lettres et le bouleversant « Cahier du camp », transmis clandestinement. Mort en détention en 1985, Stus incarne la résistance culturelle face à l’Empire soviétique. Sa voix prophétique affirme la dignité d’une langue et rappelle que la poésie peut être un espace de liberté absolue, même au cœur du Goulag.
Vasyl Stus (1938-1985) est l’une des figures majeures de la dissidence ukrainienne sous le régime soviétique. Né en Volhynie, il grandit dans le Donbass avant de s’engager, dès 1965, dans le mouvement intellectuel et politique pour la liberté en Ukraine. Poète d’une intensité rare, il publie son premier recueil en 1970, mais ses œuvres sont rapidement interdites par le pouvoir soviétique. Arrêté à deux reprises, il passe de longues années au Goulag, où il rédige son chef-d’œuvre Palimpsestes et traduit Rilke et Goethe en ukrainien. Il meurt en 1985 dans le camp de Perm-36, après une grève de la faim.
Aujourd’hui, son œuvre est étudiée dans les écoles et universités, et Stus incarne la résistance de la langue et de la culture ukrainiennes face à l’oppression russe.
