La musique a-t-elle une nationalité ?

17.03.2026
Elisabeth Leonskaja et le Quatuor de Jérusalem © Daniel Wetzel

La décision de la Société de Musique de La Chaux-de-Fonds de ne pas annuler le concert d’Elisabeth Leonskaja et du Jérusalem Quartet, prévu le 22 mars, a transformé ce qui aurait pu être un simple événement culturel en une victoire de la raison et du professionnalisme. J’en explique les raisons et vous propose une interview exclusive de la grande pianiste.

Rappelons brièvement les épisodes précédents. En novembre dernier, la pianiste de renommée mondiale Elisabeth Leonskaja, que l’un des journalistes français avait jadis appelée « la dernière grande dame de l’école soviétique » et que son collègue espagnol avait surnommée « l’anti-diva », fêtait un anniversaire important. Cela n’a pas empêché la salle de concert Muziekgebouw, dans la ville néerlandaise d’Eindhoven, d’annuler le concert qu’elle devait donner le 4 décembre. Cette décision, expliquait le communiqué, avait été prise après « un examen attentif de toutes les circonstances », parmi lesquelles figuraient l’origine russe de l’artiste et sa participation à un concert à Moscou. (À en juger par les faits, cet examen n’a visiblement pas été très approfondi:  Elisabeth Leonskaja est née à Tbilissi, en Géorgie, elle a quitté l’URSS dès 1978 et vit depuis à Vienne, où elle a depuis longtemps obtenu la nationalité autrichienne.) Peu après, le concert de la pianiste avec l’Orchestre de la Suisse Romande a également été annulé, sans aucune déclaration.

Quant au Quatuor de Jérusalem, il s’est produit avec grand succès le 27 novembre dernier au Conservatoire de Genève. Ses membres parlent parfaitement russe. Tout en étant juifs. Peu auparavant, j’avais eu l’occasion de m’entretenir avec le violoncelliste Kirill Zlotnikov, qui racontait les difficultés auxquelles les musiciens sont confrontés simplement parce qu’ils sont citoyens d’Israël.

Et maintenant, tous les cinq se préparent à se produire dans la Salle de musique de La Chaux-de-Fonds. Pour ceux qui ne le sauraient pas, cette salle, inaugurée en juin 1955, a dépassé toutes les attentes : grâce à des panneaux de noyer assemblés selon des techniques utilisées dans la fabrication des instruments de musique, l’acoustique de cet auditorium de 1 187 places est rapidement devenue une référence mondiale. Ce n’est pas un hasard que ce soit ici, loin des grandes capitales, que des interprètes de musique classique mondialement connus, dont Arthur Rubinstein et Mstislav Rostropovitch, se sont produits avec plaisir, et si les grandes maisons de disques utilisent cette salle pour leurs enregistrements depuis plus de soixante ans.

Elisabeth Leonskaja et le Quotuor de Jérusalem © Daniel Wetzel

Malheureusement, ce à quoi l’organisateur du concert – la Société de Musique de La Chaux-de-Fonds – s’est trouvé confronté au milieu de sa 133e saison n’a que très peu à voir avec la musique. À vrai dire, rien du tout. Je reproduis ci-dessous le texte de la déclaration préparée par cette honorable société.

«Prise de position de la Société de Musique de La Chaux-de-Fonds relative au concert du 22 mars 2026 (Quatuor Jérusalem et Elisabeth Leonskaja)
 

En août 2025, nous avons été approchés par le Collectif Action Palestine Neuchâtel, qui nous a instamment demandé d’annuler le concert du 22 mars 2026, sous prétexte que le Quatuor Jérusalem est israélien et qu’il serait soutenu par, ou soutiendrait activement le gouvernement israélien.

Une recherche approfondie dans les médias nous a permis de réfuter une telle accusation.

Le 4 décembre dernier, notre Comité a accepté de rencontrer des représentants de ce Collectif dans un esprit de dialogue constructif, qui s’est hélas révélé illusoire.

Malgré les menaces d’actions qui pèsent sur ce concert, notamment :

1.        Demander aux éventuel·le·s spectateurs ou spectatrices de boycotter ce concert

  1. Distribution d’un flyer sur les marchés avant le concert et à d’autres concerts
  2. Rassemblement devant la salle de musique le jour du concert

Nous avons décidé de le maintenir pour les raisons suivantes :

·      Depuis sa création en 1893, notre Société de Musique (ci-après SDM) a toujours défendu sa position apolitique.

·      Il nous tient à cœur d’appliquer le principe de la liberté artistique, en vertu duquel les musiciens doivent être libres de se produire sans censure, interférence politique ou pressions externes, tout en permettant au public d'accéder librement à des concerts de grande qualité, ce qui est essentiel à la démocratie et à la diversité culturelle.

·      Nous estimons qu’il ne nous appartient pas d’exiger des artistes (notamment israéliens ou russes), qu’ils prennent publiquement position sur leur appartenance politique.

·      En revanche, la SDM se refuse catégoriquement à engager des artistes ayant publiquement manifesté leur soutien à un régime politique jugé totalitaire ou génocidaire par l’ensemble de la Communauté internationale.

·      Nous estimons que tel n’est manifestement pas le cas tant de la part du Quatuor Jérusalem que de celle d’Elisabeth Leonskaja, musiciens dont les qualités musicales sont unanimement reconnues.

·      Par conséquent nous nous réjouissons de les accueillir à la Salle de Musique lors de leur concert exceptionnel le 22 mars prochain.

·      La musique est là pour parler de la paix entre toutes les nations (citation de Yannick Nézet-Seguin, chef d’orchestre canadien, à l’issue du dernier concert de Nouvel-An, dans la salle du Musikverein de Vienne).»

Ce texte n’a guère besoin de commentaires. J’ajouterai seulement que Patrick Turtshi, ancien professeur de mathématiques au lycée municipal Blaise Cendrars et partisan actif du boycott du concert, a averti dans une interview accordée à ARCinfo qu’une manifestation aurait lieu devant la salle. Il a toutefois promis que les membres du collectif pro-palestinien n’empêcheraient pas ceux qui souhaitent assister au concert d’entrer dans la salle, et qu’ils n’entreraient pas eux-mêmes dans le bâtiment ni ne perturberaient le concert. Il est difficile d’imaginer que cela se passe dans une ville inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO et que parmi les militants se trouvent des enseignants appelés, pour reprendre l’expression du poète Nikolaï Nekrassov, à « semer le raisonnable, le bon et l’éternel ». Pourtant c’est bien le cas. (Je pourrais ici réfléchir au lien entre les appels au boycott des musiciens juifs et la récente résolution du congrès du Parti socialiste suisse autorisant les enseignantes musulmanes à porter le hijab au travail dans les institutions publiques, mais je préfère ne pas m’éloigner du sujet principal.)

Je craignais de ne pas pouvoir m’entretenir avec Elisabeth Leonskaja – son agente avait dit qu’elle était fatiguée des interviews. La dernière fois que nous nous étions rencontrées, c’était à Verbier en 2014, et ceux qui s’intéressent aux détails de sa biographie et de sa formation artistique peuvent lire cette interview : rien n’a changé depuis. L’héroïne elle-même n’a pas changé non plus : j’ai retrouvé la même énergie débordante, les mêmes yeux bleus pétillants d’intelligence et d’humour il y a quelques semaines, après son brillant concert dans la petite ville d’Épalinges. C’est là que nous avons convenu de nous parler. Voici l’essentiel de cette conversation à la veille du concert dont les participants sont jugés uniquement sur la base de leur nationalité par des juges autoproclamés.

Elisabeth Leonskaja à l'Epalinges, le 25 février 2026 © N. Sikorsky

Elisaveta Iljinitchna, aujourd’hui être « musicienne d’origine russe » et juive constitue un double défi, aussi étrange que cela puisse paraître. Comment assumez-vous cette double identité ?

J’ai une identité tout à fait différente. Il n’y a pas si longtemps, lors d’une rencontre avec le public après mon concert à Coire, la première question a été : « Vous avez grandi en Russie. Comment vous y sentiez-vous en tant que femme ? » J’ai répondu : « Merveilleusement. » Ce problème n’a jamais existé dans ma conscience, il n’existe pas non plus aujourd’hui. Je ne l’ai rencontrée qu’en arrivant ici, lorsque j’ai découvert le féminisme et les divisions.

J’ai grandi à Tbilissi. L’antagonisme entre minorités existe toujours, on pourrait en donner quantité d’exemples. Parfois il se manifeste dans des plaisanteries, parfois autrement. Lorsque je suis arrivée à l’école et que j’ai entendu le mot « kurdochka » appliqué à une autre fille, je n’ai pas compris de quoi il s’agissait. Oui, il y avait à Tbilissi des Kurdes qui balayaient les rues et vivaient dans des sous-sols, ma mère enseignait à une très gentille fille issue d’une famille kurde, mais je n’avais jamais entendu ce mot à la maison. Et cette attitude envers les questions de nationalité est restée en moi. Qui suis-je ? Je passe la plupart de mon temps avec des musiciens et des partitions, à me demander comment les interpréter au mieux. Que je sois juive ou russe n’a pour moi aucune importance. En revanche, la résistance au mal acquise en URSS est restée. Les piques dans cette direction n’atteignent pas mon cœur, mais les plus fortes me font réfléchir. La réflexion renforce l’immunité.

L’administration de la salle d’Eindhoven a expliqué l’annulation de votre concert non seulement par votre origine russe, mais aussi par le fait que des billets gratuits avaient été proposés à des militaires et à leurs familles pour le concert de Moscou auquel vous participiez. Une question se pose : lorsqu’un artiste monte sur scène, sait-il qui se trouve dans la salle ? Le saviez-vous ?

Tout ce qui s’est passé est complètement absurde. Je pense que cela est uniquement lié au fait que l’un des concerts était donné avec l’orchestre « Les Solistes de Moscou » de Youri Bashmet, qui figure sur une « liste noire ». Sans doute que, lorsque ce nom apparaît, une petite lumière rouge s’allume dans certains ordinateurs. Ni Bashmet ni la direction de l’orchestre n’en savaient rien, et moi encore moins. Le texte d’Eindhoven est purement juridique, il a probablement été écrit pour calmer un dragon quelconque.

Que s’est-il réellement passé ? Vers la fin de l’année, le ministère russe de la Culture, avec la fondation «Défenseurs de la Patrie», a décidé d’organiser une action comprenant un spectacle d’opéra, un ballet, un spectacle dramatique et un concert classique. On n’a demandé l’avis de personne. Cette information ne figurait ni sur l’affiche ni dans les programmes ; elle apparaissait seulement sur Internet, à côté d’informations sur des réductions pour les retraités, etc. L’ambassade d’Ukraine a traduit cela en anglais et l’a envoyé à Eindhoven avec l’affiche, en déclarant que je jouais pour des soldats. À ce moment-là j’étais déjà à Moscou, lorsque mon agente m’a appelée. J’arrive à la répétition et je raconte ce qui se passe. Le directeur de l’orchestre ouvre de grands yeux : « Quels soldats ?! » Il est possible que la philharmonie ait agi de manière incorrecte et qu’elle aurait dû nous demander notre accord, mais il est également possible qu’elle n’y soit pas obligée, puisqu’il s’agissait de la vente de billets, ce qui ne concerne pas les artistes. Le directeur de l’orchestre a fait un scandale, mais il était trop tard. Je n’ai vu aucun soldat dans la salle, mais pour les journalistes le simple fait de mentionner des soldats et une pianiste jouant pour eux suffisait – ils doivent bien avoir quelque chose à raconter. Le concert à Moscou était consacré à la mémoire d’Oleg Kagan, mon ancien mari ; c’était le jour de sa naissance.

Êtes-vous fâchée contre ceux qui ont annulé vos concerts ?

Pas du tout ! Ils ne peuvent pas agir autrement : ils risquent soit leurs postes, soit leurs subventions, et ils doivent continuer à travailler, ce qui est difficile en une période aussi compliquée – surtout dans de petits pays agressifs. J’ai plutôt été surprise que mon concert avec le Quatuor de Jérusalem à Groningue, aux Pays-Bas également, ait eu lieu. Et j’ai été très touchée par la manière dont il a été organisé. On nous a amenés en voiture d’Allemagne pour la répétition à la Philharmonie et l’on nous a très calmement proposé de discuter de ce qui se passerait si des militants pro-palestiniens se précipitaient sur scène. Il a été décidé de ne pas interrompre le concert. Finalement, il y avait un groupe qui criait à l’extérieur et, dans la salle, le silence. Les organisateurs avaient tout prévu, tout réfléchi.

Si vous n’êtes pas fâchée, accepteriez-vous un jour de revenir sur les scènes qui ont annulé vos concerts ?

Bien sûr ! Je vais vous raconter une histoire très touchante. En février de cette année, je devais donner un concert au festival de piano du Flagey, une magnifique salle de concert à Bruxelles, dans un bâtiment historique. Mais auparavant, en décembre, donc déjà après l’affaire d’Eindhoven, j’ai joué à Cologne avec l’orchestre de chambre du Concertgebouw d’Amsterdam. Lorsque je courais ensuite pour attraper mon train, un homme m’attendait. Il s’est présenté comme Monsieur Ledure, m’a dit qu’il venait de Bruxelles, que le texte de ma déclaration l’avait beaucoup touché, et il a ajouté : « Bienvenue à Bruxelles. » C’était le directeur du Flagey, Gilles Ledure. C’était un dimanche. Pour me dire cela, il avait fait deux heures et demie de train dans un sens, puis autant dans l’autre.

Ainsi, il n’y vois aucune logique. On peut regretter que ce soit ainsi, mais se vexer… non, cela ne vaut pas la peine.

Elisabeth Leonskaja à Epalinges, le 26 février 2026 © N. Sikorsky

 Vous avez mentionné les petits pays, parmi lesquels figure aussi la Suisse. Je sais que beaucoup de ses habitants ne comprennent pas pourquoi, par exemple, votre concert à Genève a été annulé, alors que d’autres musiciens, qui ne se rendent qu’occasionnellement en Russie mais y vivent en permanence, continuent à jouer ici tranquillement. Comment le public peut-il s’y retrouver ?

Je pense que tout dépend seulement de ce qui entre dans le champ de vision et de ce qui n’y entre pas. Je ne vois aucune logique dans tout cela. Nous sommes des musiciens, et ce qui se passe autour de nous en raison de la situation politique ne peut pas être notre nourriture spirituelle ; nous nous nourrissons autrement. Nous pouvons seulement en prendre acte. Notre nourriture est le monde du beau, et notre tâche consiste à percevoir la beauté et à la transmettre ensuite à ceux qui en ont besoin. Les peintres le font par leurs tableaux, les musiciens par leur jeu, les acteurs par la transformation. Se plonger dans tout le reste n’en vaut pas la peine, cela détourne beaucoup de l’essentiel.

Parfait. Parlons de choses plus agréables. Avez-vous déjà joué dans la salle de la Société de Musique de La Chaux-de-Fonds où nous aurons le plaisir de vous entendre dimanche ?

Oui, plusieurs fois ! D’ailleurs, en 1984, j’y ai enregistré avec le regretté Heinrich Schiff la sonate pour violoncelle de Rachmaninov pour Philips. C’est une salle absolument phénoménale, à l’acoustique idéale ; ce n’est pas un hasard si Philips y enregistre. Et quel miracle que le deuxième quintette de Dvořák que nous allons jouer ! Quelle œuvre riche ! À mon avis, pour les cordes c’est même une œuvre plus agréable, si l’on peut dire, que le quintette de Brahms. La musique de Dvořák est tellement vivante, intemporelle, éternelle ; elle est à la fois terrestre et céleste.

P.S. J’irai bien sûr au concert de La Chaux-de-Fonds, consacré au 80e anniversaire d’Elisabeth Leonskaja et au 30e anniversaire du Quatuor de Jérusalem, et j’espère y rencontrer mes lecteurs. Les billets restants peuvent être achetés ici

Commentaires ()

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Bernard IVA mars 17, 2026

Merci pour cet article et le communiqué de la Société de Musique de la Chaux-de-Fonds résume très bien l'importance de la liberté artistique! Non seulement la musique n'a pas de nationalité mais elle est un langage universel.
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Sikorsky mars 17, 2026

Un grand merci pour votre compréhension et soutien.
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Yves Strub mars 17, 2026

Il faut toujours se méfier des donneurs de leçons publiques où l’exposition de sa personne compte davantage que le message. Entraver les artistes dans leur message à portée universelle relève d’une limite de l’esprit et d’un puritanisme qui annonce l’intolérance et la violence, tout le contraire du message de la musique, dans ce cas de figure. Pour une ville qui prétend devenir la première Ville culturelle suisse, un boycott de ce type n’y apporte aucun honneur. Yves Strub
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Sikorsky mars 17, 2026

Merci pour votre commentaire, j'espère vous voir au concert!
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Laurent Lévi-Strauss mars 17, 2026

La prise de position de la SDM est frappée au coin du bon sens, merci à Nadia de s'en être faite l'écho...
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Sikorsky mars 17, 2026

Merci pour cette manifestation de soutien!
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Claudio Poloni mars 17, 2026

Bravo à la SDM de La Chaux-de-Fonds, la ville où je suis né :--))
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Sikorsky mars 17, 2026

Tu as raison d'en être fier, cher Claudio!
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A propos de l’auteur

Nadia Sikorsky

Nadia Sikorsky a grandi à Moscou où elle a obtenu un master de journalisme et un doctorat en histoire à l’Université d’État de Moscou. Après 13 ans passés au sein de l’Unesco, à Paris puis à Genève, et avoir exercé les fonctions de directrice de la communication à la Croix-Verte internationale fondée par Mikhaïl Gorbatchev, elle développe NashaGazeta.ch, premier quotidien russophone en ligne, lancé en 2007.

En 2022, elle s’est trouvée parmi celles et ceux qui, selon la rédaction du Temps, ont « sensiblement contribué au succès de la Suisse romande », figurant donc parmi les faiseurs d’opinion et leaders économiques, politiques, scientifiques et culturels : le Forum des 100.

Après 18 ans en charge de NashaGazeta.ch, Nadia Sikorsky a décidé de revenir à ses sources et de se concentrer sur ce qui la passionne vraiment : la culture dans toute sa diversité. Cette décision a pris la forme de ce blog culturel trilingue (russe, anglais, français) né au cœur de l’Europe – en Suisse, donc, son pays d’adoption, le pays qui se distingue par son multiculturalisme et son multilinguisme.

Nadia Sikorsky ne se présente pas comme une "voix russe", mais comme une voix d’Européenne d'origine russe (plus de 35 ans en Europe, passés 25 ans en Suisse) au bénéfice de plus de 30 ans d’expérience professionnelle dans le monde culturel – ceci au niveau international. Elle se positionne comme médiatrice culturelle entre les traditions russes et européennes ; le titre de sa chronique, "L'accent russe", capture cette essence – l’accent n’étant pas une barrière linguistique, ni un positionnement politique mais une empreinte culturelle distinctive dans le contexte européen.

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