RAYON LIVRES

Nikolas Bokov: «La Tête de Lénine». Les Editions Noir-sur-Blanc, Lausanne, 2017

Une satire impitoyable de l’idéologie soviétique.

La Tête de Lénine, d’abord paru en samizdat à Moscou, puis soutenu par Alexandre Zinoviev et Maurice Nadeau, est une satire impitoyable de l’idéologie soviétique, de l’idolâtrie ambiante et des institutions. Il paraît pour la première fois à Paris en 1972 anonymement ; son auteur vit alors en URSS, où il est très actif dans l’édition clandestine. Dénoncé pour avoir fait passer un grand nombre de textes hors du pays, il doit se réfugier en France en 1975. La Tête de Lénine continue à circuler sous le manteau et connaît un grand succès, au point de devenir un livre culte. Édité chez Robert Laffont en 1982, l’ouvrage participe à la déstabilisation de l’Union soviétique.

Dans sa préface à l’édition de 1982, Alexandre Zinoviev écrit : « Ce petit livre a paru à Moscou en samizdat il y a quelques années et il a produit immédiatement une forte impression dans le milieu des lecteurs de la littérature proscrite. Je sais qu’il y circule toujours avec le même succès. Et cela ne m’étonne pas. Je suis en effet convaincu que tout propos sérieux et objectif sur la littérature russe des années 1960 et 1970 ne peut plus, désormais, ignorer La Tête de Lénine. »

Dans ce bref roman, un jeune pickpocket moscovite, las de dérober des portefeuilles, décide un jour de voler la tête de Lénine dans le mausolée de la place Rouge. Il y réussit – ce qui n’étonnera personne. Ce qui est étonnant, et encore plus subversif, ce sont les rebondissements qui s’ensuivent… Chez Nicolas Bokov, les statues sont renversées, les masques des puissants arrachés, et les institutions vacillent.

Ils en parlent…
•    « Pochade décousue mais souvent irrésistible, ce court livre est aussi un document étonnant sur la vie dans l’URSS des années 1970, et la corrosion du communisme par l’humour, les pénuries et l’alcool, qui y était engagée. »
André Loez, Le Monde
•    « Une farce burlesque sur le culte de la personnalité et la bureaucratie bolchevique, façon Boulgakov. »
Bernard Quiriny. L’Opinion.

Interview de Nasha Gazeta avec Nikolas Bokov à lire ici.


A propos de l’auteur

Nadia Sikorsky

Nadia Sikorsky a grandi à Moscou où elle a obtenu un master de journalisme et un doctorat en histoire à l’Université d’État de Moscou. Après 13 ans passés au sein de l’Unesco, à Paris puis à Genève, et avoir exercé les fonctions de directrice de la communication à la Croix-Verte internationale fondée par Mikhaïl Gorbatchev, elle développe NashaGazeta.ch, premier quotidien russophone en ligne, lancé en 2007.

En 2022, elle s’est trouvée parmi celles et ceux qui, selon la rédaction du Temps, ont « sensiblement contribué au succès de la Suisse romande », figurant donc parmi les faiseurs d’opinion et leaders économiques, politiques, scientifiques et culturels : le Forum des 100.

Après 18 ans en charge de NashaGazeta.ch, Nadia Sikorsky a décidé de revenir à ses sources et de se concentrer sur ce qui la passionne vraiment : la culture dans toute sa diversité. Cette décision a pris la forme de ce blog culturel trilingue (russe, anglais, français) né au cœur de l’Europe – en Suisse, donc, son pays d’adoption, le pays qui se distingue par son multiculturalisme et son multilinguisme.

Nadia Sikorsky ne se présente pas comme une "voix russe", mais comme une voix d’Européenne d'origine russe (plus de 35 ans en Europe, passés 25 ans en Suisse) au bénéfice de plus de 30 ans d’expérience professionnelle dans le monde culturel – ceci au niveau international. Elle se positionne comme médiatrice culturelle entre les traditions russes et européennes ; le titre de sa chronique, "L'accent russe", capture cette essence – l’accent n’étant pas une barrière linguistique, ni un positionnement politique mais une empreinte culturelle distinctive dans le contexte européen.

L'AFFICHE
Artices les plus lus

La décision de la Société de Musique de La Chaux-de-Fonds de ne pas annuler le concert d’Elisabeth Leonskaja et du Jérusalem Quartet, prévu le 22 mars, a transformé ce qui aurait pu être un simple événement culturel en une victoire de la raison et du professionnalisme. J’en explique les raisons et vous propose une interview exclusive de la grande pianiste.

Aujourd’hui, les librairies de Suisse, de France, de Belgique et du Canada recevront le livre « Vasyl Stus. Palimpsestes. Poésie et lettre du Goulag », consacré au poète ukrainien dont les vers ont été traduits pour la première fois en français par le célèbre slaviste. Les amateurs de poésie doivent cet événement littéraire à la maison d’édition lausannoise Éditions Noir sur Blanc.

Conservées jusqu’à présent au sein de la famille, les reliques personnelles du dernier roi d’Italie seront présentées pour la première fois au public à Genève : en mars, la maison de ventes Piguet mettra aux enchères un ensemble unique d’ordres de chevalerie et de décorations ayant appartenu à Humbert II (1904–1983). Elles seront exposées dans les salons de la Maison du 12 au 15 mars, avant d’être proposées aux collectionneurs durant la semaine de ventes débutant le 16 mars.