RAYON LIVRES

Jil Silberstein:Voyages en Russie absolutiste. Vie et mort de quatre opposants. Editions Noir dur Blanc. Mise en vente: 7 avril 2022. 848 pages, 28 Euros /34 CHF

Vaste enquête à travers la Russie d’aujourd’hui, Voyages en Russie absolutiste se veut avant tout un hommage au combat acharné de quatre hommes confrontés – chacun à son époque – aux ravages de l’autocratie. Mais faire se côtoyer les destins du poète et romancier Mikhaïl Lermontov (1814-1841), de Vladimir Tan Bogoraz (1865-1936), révolutionnaire et pionnier de l’anthropologie, de l’écrivain anarchiste Victor Serge (Viktor Lvovitch Kibaltchitch, 1890-1977), antistalinien, auteur de S’il est minuit dans le siècle, et d’Anatoli Martchenko (1938-1986), l’un des derniers intellectuels russes à être mort en détention au Goulag, c’est aussi proposer une histoire informelle – encore que remarquablement documentée – de l’opposition à l’absolutisme russe sous toutes ses formes, de Catherine II à Vladimir Poutine.

Enfin, à travers quatre « pèlerinages » de l’auteur – au Tatarstan, au Caucase, en Oural et jusqu’aux lointaines rives de la Kolyma –, c’est à la rencontre de « héros de notre temps » que le lecteur est invité.

Jil Silberstein est né à Paris en 1948. Après bien des voyages, il se fixe en Suisse, travaille dans l’édition, dirige la revue d’anthropologie culturelle Présences. Lors d’un séjour en Amérique du Nord, il rencontre les Indiens du Québec-Labrador, dont il partagera la vie plus d’un an. Ainsi est amorcée une série de textes, entre voyage et ethnologie : Innu, Kali’na et Dans la taïga céleste, publiés par Albin Michel. Poète, essayiste, lauréat du Prix Schiller, il est également traducteur de Trakl, Miłosz, T. E. Lawrence et Charles Reznikoff.

Interview avec Jil Silberstein à lire ici

A propos de l’auteur

Nadia Sikorsky

Nadia Sikorsky a grandi à Moscou où elle a obtenu un master de journalisme et un doctorat en histoire à l’Université d’État de Moscou. Après 13 ans passés au sein de l’Unesco, à Paris puis à Genève, et avoir exercé les fonctions de directrice de la communication à la Croix-Verte internationale fondée par Mikhaïl Gorbatchev, elle développe NashaGazeta.ch, premier quotidien russophone en ligne, lancé en 2007.

En 2022, elle s’est trouvée parmi celles et ceux qui, selon la rédaction du Temps, ont « sensiblement contribué au succès de la Suisse romande », figurant donc parmi les faiseurs d’opinion et leaders économiques, politiques, scientifiques et culturels : le Forum des 100.

Après 18 ans en charge de NashaGazeta.ch, Nadia Sikorsky a décidé de revenir à ses sources et de se concentrer sur ce qui la passionne vraiment : la culture dans toute sa diversité. Cette décision a pris la forme de ce blog culturel trilingue (russe, anglais, français) né au cœur de l’Europe – en Suisse, donc, son pays d’adoption, le pays qui se distingue par son multiculturalisme et son multilinguisme.

Nadia Sikorsky ne se présente pas comme une "voix russe", mais comme une voix d’Européenne d'origine russe (plus de 35 ans en Europe, passés 25 ans en Suisse) au bénéfice de plus de 30 ans d’expérience professionnelle dans le monde culturel – ceci au niveau international. Elle se positionne comme médiatrice culturelle entre les traditions russes et européennes ; le titre de sa chronique, "L'accent russe", capture cette essence – l’accent n’étant pas une barrière linguistique, ni un positionnement politique mais une empreinte culturelle distinctive dans le contexte européen.

L'AFFICHE
Artices les plus lus

Un accent russe dans une collection d’Art Brut ? Je ne m’attendais certainement pas à en découvrir un dans l’exposition Écrits d’Art Brut à la Fondation Jan Michalski. Tout a commencé par une feuille de papier datée de décembre 1938, couverte de mots russes, français et anglais, qui faisait naître la vague impression d’un drame intime dissimulé dans des lignes et des symboles apparemment chaotiques.

Le 17 juin, dans la capitale italienne, on lira Les Nuits blanches de Dostoïevski. Telle est l’idée de La tempesta silenziosa, une initiative imaginée par l’écrivain Alessandro Baricco et organisée par le Département de la culture de Rome dans le cadre de la Journée de la mémoire de la Ville éternelle.

Le titre de mon blog suppose un lien avec quelque chose sinon russe, du moins lié au monde russophone – il fallait bien me fixer certaines limites. Et il arrive que ce soit frustrant quand on a envie de raconter quelque chose et que ce lien ne se trouve pas. Mais c’est rare.