L’accent russe | Le blog de Nadia Sikorsky

« Les Rayons et les Ombres ». Sans retouche ni illusion

Que peut-on attendre d’un film consacré à des personnages réels, dont on connaît déjà l’issue ? En fait, beaucoup. En trois heures et demie de projection, le spectateur parcourt avec les protagonistes du film Les Rayons et les Ombres de Xavier Giannoli tout le chemin qui mène des bonnes intentions à l’enfer, ou plus précisément des illusions pacifistes de l’après-guerre à une participation consciente à la collaboration avec les nazis pendant l’Occupation de la France.

Нуриев. Nureyev. Noureïev. Nurejew

Un ballet-hommage au grand danseur russe, créé par Kirill Serebrennikov, Iouri Possokhov et Ilia Demoutski, est actuellement à l’affiche de l’Opéra d’État de Berlin. Mais il avait été conçu pour la scène du Théâtre Bolchoï de Moscou, où j’ai eu la chance de le voir il y a quelques années. Je peux donc comparer mes impressions.

Qui répondra pour « Chosta » ?

Pour la première fois de toute ma carrière journalistique, je veux vous parler d’un concert auquel je n’ai aucune intention d’assister. Et la raison n’en est évidemment ni les compositeurs de génie dont les œuvres figurent au programme, ni même les interprètes. La raison tient à « l’emballage », qui m’a profondément choquée.

Qui est ce « Mr Nobody » qui est contre Poutine ?

Je vous propose quelques réflexions sur un film documentaire «Mr Nobody Against Putin» d’un ancien vidéaste scolaire d’une ville russe de province, qui a suscité de vifs débats dans le milieu professionnel et sur les réseaux sociaux.

Kunsthaus Zürich deviendra le centre consacré à Alberto Giacometti

Le plus grand musée d’art du pays a décidé de devenir un leader dans la préservation de la mémoire du plus grand artiste suisse et de l’un des sculpteurs les plus importants du modernisme à l’échelle mondiale, dont le double jubilé est célébré cette année : 125 ans depuis sa naissance et 60 ans depuis sa mort.

La musique a-t-elle une nationalité ?

La décision de la Société de Musique de La Chaux-de-Fonds de ne pas annuler le concert d’Elisabeth Leonskaja et du Jérusalem Quartet, prévu le 22 mars, a transformé ce qui aurait pu être un simple événement culturel en une victoire de la raison et du professionnalisme. J’en explique les raisons et vous propose une interview exclusive de la grande pianiste.

Vasyl Stus redécouvert par Georges Nivat : l’histoire d’un palimpseste

Aujourd’hui, les librairies de Suisse, de France, de Belgique et du Canada recevront le livre « Vasyl Stus. Palimpsestes. Poésie et lettre du Goulag », consacré au poète ukrainien dont les vers ont été traduits pour la première fois en français par le célèbre slaviste. Les amateurs de poésie doivent cet événement littéraire à la maison d’édition lausannoise Éditions Noir sur Blanc.

Double concerto n° 2

Je précise d’emblée qu’il ne s’agit pas d’une œuvre musicale précise, mais d’un ensemble formé il y a un peu plus d’un an et qui, après un début réussi à Zurich, se prépare à démontrer son art à Genève.

Les décorations impériales russes du dernier roi d’Italie

Conservées jusqu’à présent au sein de la famille, les reliques personnelles du dernier roi d’Italie seront présentées pour la première fois au public à Genève : en mars, la maison de ventes Piguet mettra aux enchères un ensemble unique d’ordres de chevalerie et de décorations ayant appartenu à Humbert II (1904–1983). Elles seront exposées dans les salons de la Maison du 12 au 15 mars, avant d’être proposées aux collectionneurs durant la semaine de ventes débutant le 16 mars.

« Hommage à Arno Babajanyan »

Le 18 mai la pianiste suisse-arménienne Sona Igityan se produira à l'Athénée de Genève. Elle a décidé de présenter au public genevois l’œuvre d'Arno Babajanyan, un compositeur très populaire en URSS mais presque inconnu ailleurs. Parallèlement, elle prépare l’imminente sortie d'un disque regroupant l'ensemble des œuvres pour piano de Babajanyan qu'elle a enregistrées. Voici ce qu’elle m’a raconté.

« Les héros ont des parents, eux aussi »

On nous parle de la guerre en Ukraine depuis plus de trois ans. On nous la sert à toutes les sauces. Mais je parie que la plupart d’entre vous n’ont pas encore eu l’occasion d’entendre une voix comme celle que je retranscris pour vous aujourd’hui. Le 5 mai prochain, l’écrivain Dmitry Petrov sera l’invité du Cercle russe à l'Université de Genève. Je lui ai parlé quelques jours auparavant.

« L'avant-dernier dictateur d'Europe est mort sur le chemin de Saint-Moritz »

L’extraordinaire incident évoqué dans le titre de cette nouvelle chronique constitue l'une des intrigues de Radio Nuit, un roman dû à l'écrivain ukrainien Yuri Andrukhovych traduit en français par Irina Dmytrychyn et publié aux Éditions Noir sur Blanc, Lausanne. Le livre sort aujourd'hui en librairie en Suisse, en France, en Belgique et au Canada.

KhovanЩina

Le chef-d'œuvre de Modeste Moussorgski mis en scène par le metteur en scène espagnol Calixto Bieito est actuellement présenté sur la scène du Grand théâtre de Genève. Voilà ce que j’en pense.

"Voyage au Karabakh"

Parmi les nombreux ouvrages présentés au Salon du livre de Genève qui s'ouvre aujourd'hui, j’attire votre attention sur le roman d'Aka Mortchiladze qui vient de paraître aux Éditions Noir sur Blanc, à Lausanne, et dont la traduction française est assumée par Alexandre Bainbridge et Khatouna Kapanadze.

Le Congrès de Paris et la cage de Pasternak
Le vernissage d’une très intéressante exposition photographique aura lieu ce soir même à la Galerie Sonia Zannettacci, à Genève, à l'occasion du 90e anniversaire du premier Congrès international des écrivains pour la défense de la culture – un événement d’une portée considérable qui prit place à Paris entre le 21 et le 25 juin 1935.
Vassily Petrenko : « La politique change, la musique demeure »

5, 6 и 7 марта за пульт Оркестра Романдской Швейцарии встанет, на сцене женевского Виктория-холла, российский дирижер, не нуждающийся в представлении любителям классической музыки. Предлагаем вашему вниманию эксклюзивное интервью маэстро.

Pourquoi la guerre ?
Aujourd'hui, à l'occasion du troisième anniversaire du début de la guerre en Ukraine, je vous invite à prêter attention aux opinions de deux personnalités exceptionnelles, Albert Einstein et Sigmund Freud, à propos des racines de ce phénomène qu’est la guerre. Racines qui ne peuvent être déracinées.
Un an sans Navalny
Le 16 février, cela fera un an qu'Alexeï Navalny succombait au sein d’une colonie pénitentiaire à régime spécial, dans le Grand Nord russe. La veille de ce triste anniversaire j’aimerai vous parler de son livre intitulé en français Patriote – mémoires.
Notre guerre quotidienne

Notre guerre quotidienne, c’est le titre du nouveau livre de l'écrivain ukrainien Andreï Kourkov que publient en français les Éditions Noir sur Blanc implantées à Lausanne ; un volume qui, pour l’essentiel, constitue la suite de son journal de guerre publié par les mêmes éditions en mars 2023.

Les Lazares ressuscités de Polina Barskova
Aujourd’hui, les librairies de Suisse et de France mettent en place le recueil de textes de Polina Barskova intitulé Tableaux vivants – ce dans une traduction française publiée à l’enseigne de la maison d'édition lausannoise Noir sur Blanc.  
Le deuil de Fédora, version genevoise
Le texte du conte en vers de Korneï Tchoukovski, mémorisé depuis l'enfance, n'a cessé de me revenir à l'esprit pendant que j’écoutais l'opéra Fedora d'Umberto Giordano au Grand Théâtre de Genève. Là aussi, il y a la fuite, la persécution, l’irresponsabilité de l’héroïne principale et de son repentir. Mais sans le final dramatique.
Le Panopticum russe, éternel
La maison d'édition genevoise La Baconnière présente la première traduction française d'une nouvelle d'Andreï Sobol écrite il y a presque pile cent ans et susceptible de devenir une découverte… y compris pour des lecteurs russophones avisés.
Où commence la patrie. Et où elle se termine
Ce 18 novembre, l'Université de Genève accueillera le journaliste russe Alexandre Arkhangelski à l’occasion de la présentation de son nouveau film documentaire, tourné en compagnie de Tatiana Sorokina. Détail qui vaut d’être rapporté : le 1er novembre 2024, le ministère de la Justice de la Fédération de Russie inscrivait le même Alexandre Arkhangelski au registre des agents étrangers.
Ne vivez pas avec des idiots !
Le 3 novembre, à l’opéra de Zurich, j’ai assisté à la première de Vivre avec un idiot (Leben mit einem Idioten), l'opéra d'Alfred Schnittke basé sur la nouvelle éponyme de Victor Erofeev, dans une mise en scène de Kirill Serebrennikov.
« Le silence n'est pas toujours un signe d'accord »  
Il y a deux semaines, lors de la réunion du Cercle russe de l'Université de Genève, Natalia Ivanova, une écrivaine russe de renom – critique littéraire, essayiste, docteur ès lettres, rédactrice en chef adjointe de la revue littéraire moscovite "Znamya" – a donné une conférence portant sur «La langue d'Ésope dans la littérature russe moderne».
Un hymne aux médecins
Une fois de plus, c'est la fête pour les amoureux de la littérature russe : les librairies de Suisse et de France reçoivent aujourd'hui même une nouvelle traduction française des Notes d'un médecin de Vikenti Veressaïev – la première depuis 1910 ! Elle est due aux éditions lausannoises Noir sur Blanc et à la traductrice Julie Bouvard.
Wilhelm/Guillaume Tell – un héros pour tous les temps ?
L'Opéra de Lausanne met en scène, pour la toute première fois, le chef-d'œuvre de Gioachino Rossini – un drame lyrique n’ayant, hélas, rien perdu de son actualité. Qui plus est : les interprètes qu’il y accueille débutent pour la plupart dans leur rôle et sur cette scène. Une réussite, à mon avis.
« Dar »
Traduit en français par « Don », « Dar » est un tout nouveau prix littéraire en vue duquel un concours s’ouvre demain. L'idée de sa création revient à l'écrivain russe Mikhaïl Chichkine. Je suis fière que mon journal NashaGazeta soit invité à rejoindre le groupe de ses fondateurs.
Le paradis d'Aronzon
Il se trouve que j’ai eu le plaisir d’assister à cette soutenance de thèse ès lettre en Études russes. Son titre complet : "La ‘représentation du paradis’ chez Léonid Aronzon : une poétique de la contemplation". Je tiens à vous en parler.
Craquement du destin
Le Grand Jeu, roman d'Elena Tchijova traduit du russe par les Éditions Noir sur Blanc à Lausanne, arrive ce jour dans les librairies de Suisse et de France.
Vie humaine comme monnaie d’échange
Chers lecteurs, il y a quelques jours, je vous ai donné rendez-vous en septembre ; mais l’actualité est telle que je me sens contrainte de rompre ce vœu de silence mensuel.
Louis Villeneuve, maître enchanteur
Le grand professionnel qui a reçu, en 2017, à New York, le prix Mauviel 1830 du meilleur directeur de salle au monde s'est confié sur sa vie et sa carrière.
Pages noires de la littérature russe

Les pages reproduites dans cette chronique ne proviennent ni des archives secrètes du NKVD des années 1930, ni de celles du KGB des années 1970, ni même de celles de l’actuel FSB. Non, elles sont extraites de la biographie de Pier Paolo Pasolini, le grand cinéaste, poète et écrivain italien assassiné dans la nuit du 1 au 2 novembre 1975 sur la plage d’Ostie – ceci pour des raisons toujours non élucidées.

La loi du talion

Je vous présente aujourd'hui Les Puits de Nuremberg, un roman publié en français par les Éditions Noir sur Blanc à Lausanne.

Il m’est très difficile d'écrire sur ce livre. Surtout ces jours, quand l'Europe célèbre la fin de la Seconde Guerre mondiale et la Russie fête la fin de la Grande Guerre patriotique. À l'heure où les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient se poursuivent. Mais il est également impossible de ne pas en parler. Surtout ces jours…

Dans les coulisses de Lolita

Selon la tradition, marquant l'anniversaire de la naissance de Vladimir Nabokov, je souhaite partager avec vous une information peu connue à propos de cet écrivain dont une citation figure sur la page Facebook de Nasha Gazeta : « Tout ce que je possède, c'est ma langue ».
 

A propos de l’auteur

Nadia Sikorsky

Nadia Sikorsky a grandi à Moscou où elle a obtenu un master de journalisme et un doctorat en histoire à l’Université d’État de Moscou. Après 13 ans passés au sein de l’Unesco, à Paris puis à Genève, et avoir exercé les fonctions de directrice de la communication à la Croix-Verte internationale fondée par Mikhaïl Gorbatchev, elle développe NashaGazeta.ch, premier quotidien russophone en ligne, lancé en 2007.

En 2022, elle s’est trouvée parmi celles et ceux qui, selon la rédaction du Temps, ont « sensiblement contribué au succès de la Suisse romande », figurant donc parmi les faiseurs d’opinion et leaders économiques, politiques, scientifiques et culturels : le Forum des 100.

Après 18 ans en charge de NashaGazeta.ch, Nadia Sikorsky a décidé de revenir à ses sources et de se concentrer sur ce qui la passionne vraiment : la culture dans toute sa diversité. Cette décision a pris la forme de ce blog culturel trilingue (russe, anglais, français) né au cœur de l’Europe – en Suisse, donc, son pays d’adoption, le pays qui se distingue par son multiculturalisme et son multilinguisme.

Nadia Sikorsky ne se présente pas comme une "voix russe", mais comme une voix d’Européenne d'origine russe (plus de 35 ans en Europe, passés 25 ans en Suisse) au bénéfice de plus de 30 ans d’expérience professionnelle dans le monde culturel – ceci au niveau international. Elle se positionne comme médiatrice culturelle entre les traditions russes et européennes ; le titre de sa chronique, "L'accent russe", capture cette essence – l’accent n’étant pas une barrière linguistique, ni un positionnement politique mais une empreinte culturelle distinctive dans le contexte européen.

L'AFFICHE
Artices les plus lus

Le 7 mai, le tribunal municipal de Tbilissi a condamné le célèbre chanteur d’opéra géorgien à sept ans de prison pour organisation de violences collectives, tentative de prise de contrôle d’un site stratégique et appels au renversement du pouvoir.

Un accent russe dans une collection d’Art Brut ? Je ne m’attendais certainement pas à en découvrir un dans l’exposition Écrits d’Art Brut à la Fondation Jan Michalski. Tout a commencé par une feuille de papier datée de décembre 1938, couverte de mots russes, français et anglais, qui faisait naître la vague impression d’un drame intime dissimulé dans des lignes et des symboles apparemment chaotiques.