L’accent russe | Le blog de Nadia Sikorsky

Vladimir Jurowski : « La musique peut se permettre d'être apolitique, mais le musicien ne le peut pas »  

Du 15 au 19 septembre se déroulera à Bâle un festival intitulé « Macht Musik » – « Faire de la musique » –, événement qui se positionne comme « un festival consacré à la liberté de l'art sous la dictature ». Le jour de l'ouverture, le chef principal de l'Orchestre symphonique de la Radio de Berlin (Rundfunk-Sinfoniorchesters Berlin, RSB), Vladimir Jurowski, représentant d'une illustre dynastie musicale russe, prendra place au pupitre. Je vous propose une interview exclusive avec lui ; j’espère qu’elle repondéra à plusieurs questions de mes lecteurs. Nous avons commencé en andante.

Matthias Schulz : « Il ne faut pas s’en prendre aux artistes ! »

La saison de l'Opernhaus Zurich s'ouvrira avec le ballet Concerto ; le célèbre chorégraphe britannique Sir Kenneth MacMillan y traduit en langage chorégraphique la musique de Dimitri Chostakovitch. Dans l'ensemble, le programme de l'année musicale à venir donne envie de tout laisser tomber pour déménager dans la ville des bords de la Limmat. Je vous propose aujourd’hui une interview exclusive du nouveau directeur du théâtre, pour qui cette saison à Zurich est la première.

Rainer Michael Mason et « son » avant-garde russe

Souvenez-vous, il y a un mois je vous parlais de l’exposition d’El Lissitzky actuellement en vue au Musée d’art de l’histoire de Genève (MAH). Vous avez été plus de six mille à lire ce texte, et ce manifeste intérêt me fait chaud au cœur. J’ai donc trouvé opportun et important de vous présenter la personne à qui l'on doit ce « Fonds russe et hongrois d'avant-garde »:  Rainer Michael Mason, conservateur du Cabinet des estampes du MAH de 1979 à 2005.
 

« Invitation au voyage »

Beaucoup d'entre vous sont certainement en train de réfléchir activement à l'endroit où passer vos vacances. Pourquoi ne pas faire confiance à des professionnels ? Et voici que je vous propose une interview exclusive avec Nicolas Laing, fondateur de l'agence de voyages britannique Steppes Travel, que j’ai rencontré il y a quelques années, qui prévoit aujourd’hui d'ouvrir une succursale en Suisse et propose des destinations vraiment sympas !

Croce. Sensa delizia

Oui, « un supplice sans plaisir » : telle est notre impression dominante au sortir de La Traviata mise en scène par l’allemande Karin Henkel, à l'affiche jusqu'au 27 juin au Grand Théâtre de Genève.

El Lissitzky, entre Genève et Bellinzona

Deux musées ont décidé de marquer par des expositions le centenaire du bref séjour en Suisse de l'un des représentants les plus éminents de l'avant-garde russe.

Comment vivre quand on se souvient de tout ?

Dès aujourd'hui, Vis et souviens-toi, le roman de Valentin Raspoutine réédité par les Éditions Noir sur Blanc (Lausanne), est disponible dans les librairies de Suisse, de France, de Belgique et du Canada.

Alexeï Navalny est mort

Il y a environ une heure, le département du service pénitentiaire fédéral du district autonome de Yamalo-Nenets a annoncé que Alexeï Navalny, qui purgeait une peine de 19 ans pour avoir organisé une "communauté extrémiste", était décédé le 16 février dans la colonie pénitentiaire n° 3.

«Celui qui sauve une vie, sauve le monde entier»

A l’occasion de la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2005 et célébré le 27 janvier, je porte à votre connaissance ma conversation avec Jan Brokken, l’auteur du livre Les Justes paru l’année dernière aux Éditions Noir sur Blanc.

Un système qui réduit en cendres

Kremulator de Sacha Filipenko, traduit en français par Marina Skalova pour les Éditions Noir sur Blanc à Lausanne, arrive aujourd’hui dans les libraires de France et de Suisse. Le 15 janvier, à Paris, l’auteur a reçu le Prix Transfuge pour cette œuvre, reconnue comme meilleur roman européen de 2023.

Alexander Arkhangelsky : « La mémoire nationale ne coïncide pas totalement avec la mémoire d'État »

L'ancien professeur à la Haute école d’économie de Moscou, ancien présentateur de télévision mais toujours journaliste et écrivain, a vu son film documentaire La famine – qui raconte l'histoire de la grande famine du début des années 1920 dans la région de la Volga, en Bachkirie, au Kazakhstan, en Sibérie occidentale et en Ukraine – projeté à l'Université de Genève en décembre dernier. J’ai profité de sa présence à Genève pour lui poser quelques questions.

Sur les cerisaies et les vergers de poires 

Le roman de l’auteur géorgienne Nana Ekvtimishvili, Le Verger de poires, paru en traduction française aux Éditions Noir sur Blanc, à Lausanne, a été présenté lors du festival parisien « Un Week-end à l’Est » qui recevait cette année la ville de Tbilissi en qualité d’invitée d’honneur. J’ai lu le livre et ai assisté à la rencontre avec son auteur à Paris ; en conséquence de quoi, voici mes impressions.

Deux étoiles à Genève

Le 4 décembre 2023, deux grands musiciens, Evgeny Kissin et Thomas Hampson, seront présents sur la scène du Conservatoire de musique de Genève en tant qu'acteurs dramatiques. Grâce à l'Association Avetis.

Dostoïevski le grand. Mais encore ?

Aujourd’hui, la veille du jour d’anniversaire de Fedor Dostoïevski (1821-1881), immense écrivain russe que l’on peut aimer ou détester – mais qui ne laisse personne indifférent. Cet écrivain dont une plaque mémorielle au numéro 16 de la rue du Mont-Blanc commémore le séjour à Genève. À cette occasion, j’aimerais vous parler d’un livre que je viens de lire, après une petite introduction.

Quand le malheur des autres arrive chez nous

Le monde globalisé dans lequel nous vivons possède sans doute de nombreux côtés positifs. Mais pas seulement. Certains considèrent comme de sérieux désavantages l’aspect immédiat de l’information, de même que le quasi inévitable dépassement de leurs « frontières » des conflits « locaux » ou « régionaux » : ces certains auraient préféré vivre en les ignorant. Cela devient toujours plus difficile.
 

Quelle sortie de l’impasse?

Vendredi 6 octobre, j’ai tranquillement préparé un texte qui devait être publié le lundi suivant. Il s’agissait de relayer à l’attention de mon lectorat les cas de déclarations, images et graffiti à caractère antisémite repérés à Genève lors de l’actuelle campagne électorale et répertoriés par la Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation (CICAD). Une fois le travail terminé, je me suis rendue au concert au Victoria-Hall, puis me suis couchée paisiblement.

Racisme à la suisse, vu par James Baldwin

La multitude de gens que l’on rencontre dans sa vie se divisent facilement en deux groupes : ceux qui nous tirent vers le haut et ceux qui nous poussent vers le bas. Le premier groupe l’emporte sur le deuxième et, plus on le choisit tôt, plus notre existence devient intéressante et épanouie. Dans ma jeunesse, j’ai eu la chance inouïe de rencontrer beaucoup de personnes exceptionnelles qui m’ont influencée. James Baldwin en fait partie.

La beauté qui ne sauve pas le monde

La maison d’édition Noir sur Blanc, à Lausanne, a réédité le roman d’Andrzej Szczypiorski publié en français pour la première fois il y a trente-cinq ans, dans une traduction revue et corrigée.

Un pauvre artiste et son million de roses

Vous avez jusqu’à 28 janvier 2024 pour découvrir l’artiste légendaire géorgien Niko Pirosmani, né Nikolaï Pirosmanishvili, présenté actuellement à la Fondation Beyeler, à Bâle.

Les liaisons dangereuses ne remplacent pas le dialogue

J’aime énormément le festival « Le livre sur les quais » : durant le weekend où il a lieu, il fait toujours beau (touchons du bois…) ; on y assiste à des débats passionnés et passionnants ; on y découvre de nouveaux auteurs et leurs livres. J’y vais chaque année – par plaisir et par obligation – car il y a invariablement un auteur russophone que j’ai envie d’interviewer. Sauf l’an dernier où aucun n’est venu. En revanche, cette année il y en a eu deux.

L’humanité comme condition de la survie

Dans quelques jours, le 5 septembre à 19 h, j’aurai le plaisir d’animer la première rencontre de la rentrée à la Fondation Jan Michalski. Rencontre donc avec l’écrivaine russe Gouzel Iakhina à l’occasion de la parution – suite à Zouleikha ouvre les yeux et aux Enfants de la Volga –, de son troisième roman intitulé Convoi pour Samarcande. Un ouvrage lui aussi publié par les Éditions Noir sur Blanc, son éditeur francophone, dans l’excellente traduction de Maud Maubillard, - les libraires en Suisse et en France le recevront aujourd'hui.
 

Lire "Lolita" à Téhéran

Ce livre, je l’ai trouvé par hasard – si l’on veut croire au hasard. Le nom de l’auteur ne me disait rien, mais son titre a attiré mon attention dans une pile rangée avec soin dans une de ces cabines téléphoniques désaffectées, transformées en point d’échange d’ouvrages lus et abandonnés. Lolita à Téhéran ?! Impossible !

Le Far West des pays de l’Est

Cela aurait pu être le titre français du nouveau roman de l’Américain Josh Haven – quatrième au total et deuxième thriller. The Siberia Job dans l’original. Il a paru tout récemment, en 2023, et félicitons les Éditions Buchet/Chastel de l’avoir vite fait traduire et publié sous le titre, étonnamment anglais : Wild Wild SiberiaLa Sibérie sauvage, donc.

« Vers un avenir radieux » avec Nanni Moretti

Le dernier film du grand cinéaste italien, qu’on sait avoir participé à la compétition du festival de Cannes de cette année, est sorti sur les écrans suisses. Je l’ai vu et vous le recommande de tout cœur. 

« L’extase symphonique avec Chostakovitch »

C’est ainsi que, dans un de ses récents communiqués, le Gstaad Menuhin Festival a intitulé sa grande soirée du 12 août à venir.  J’espère que vous serez nombreux à y assister car, à elle seule, la Symphonie n° 9 de Dimitri Chostakovitch mérite le déplacement.

"SHIZO" sur la place des Nations

Je suis certaine que la majorité parmi vous n’ont jamais visité de prison russe. Tant mieux pour vous ; or cela m’oblige à vous expliquer quelle est la construction étrange portant le mot ШИЗО écrit en cyrillique – en énormes caractères rouges – qui est apparue à Genève samedi dernier.

Les rivages de Nabokov

Il faut de l’audace, diront certains, pour consacrer, dans le contexte actuel, une exposition à une personnalité d’origine russe, et ce dans différentes langues. Il faut de la chutzpah, dirait en yiddish Vera Nabokov, l’épouse juive de l’immense écrivain huit fois nominé au Prix Nobel de littérature. Un écrivain dont Russes, Américains et Suisses se disputent aujourd’hui « l’appartenance ».

Dominique Fernandez, pour la défense du roman soviétique

Parmi les trésors d’internet, on trouve cette photo prise à Moscou en 1964. Vous y reconnaîtrez facilement Marlène Dietrich, bien sûr. Mais qui donc est cet homme à qui la grande dame, agenouillée, baise la main ? Il s’agit de l’écrivain soviétique Constantin Paoustovski (1892-1968), nominé trois fois pour le prix Nobel de littérature et très peu connu en Occident – car très peu traduit.

Concours Horowitz, déménagement de Kiev à Genève

Il y a des personnalités du monde culturel dont l’ampleur dépasse de loin les limites des pays où ils sont nés et ont vécus, et dont les noms propres sont devenus quasiment communs. C’est le cas de Vladimir Horowitz, une légende du piano, récompensé par plus de Grammy Awards que n’importe quel autre musicien classique.

Journal d’une invasion

Tel est le titre du nouveau livre de l’écrivain ukrainien Andreï Kourkov paru aux Éditions Noir sur Blanc, Lausanne.

Un duel sans cadavre

À partir du 11 mars et durant les prochaines semaines le magazine « T », que vous recevez le samedi avec votre exemplaire du Temps, va publier un débat épistolaire entre l’écrivain français Iegor Gran et moi-même. Le final se jouera sur la scène du Grand Théâtre de Genève, le 11 mai 2023. Formellement, ce projet a débuté il y a six mois, mais il m’aura transportée dans un passé bien plus lointain.

Eugène Onéguine, ou Scènes sur l’herbe

Je n’ai pas pu aller voir l’opéra de P. I. Tchaïkovski à l’Opernhaus de Zurich en 2017 lors de sa première présentation mise en scène par l’Australien Barry Koski, célèbre et acclamé. Sensible à de telles ovations et ayant vu depuis sa version de Boris Godounov , j’ai décidé de profiter de la reprise et me suis déplacée outre-Sarine vendredi dernier. Je ne vous cache pas que je voulais surtout écouter Benjamin Bernheim dans le rôle de Lenski.

Histoire d’une femme véritable

Contrairement à certains auteurs dont je vous parle dans mes chroniques, Chamil Idiatoulline est bien vivant. Contrairement à certains autres, il continue à vivre à Moscou où il travaille chez Kommersant, le seul journal russe que je lis tous les matins. Je n’ai pas besoin de vous expliquer la virtuosité d’équilibriste qu’il faut, à l’heure actuelle, pour exercer le métier de journaliste à Moscou. Il faut vraiment peser ses mots. La liberté est un peu plus grande dans la fiction vers laquelle Chamil s’est tourné en 1988.

De Genève à Gstaad, un pas en musique

Certains parmi vous se souviennent qu’en octobre dernier j’ai organisé, à Genève, un concert avec la participation de jeunes musiciens russes et ukrainiens déplacés en Suisse par la guerre et ayant pour but de les soutenir.

Mikhaïl Prichvine, oublié et magnifique

À l’école soviétique comme à l’école russe d’aujourd’hui, l’œuvre de Mikhaïl Prichvine (1873-1954), celui qu’on appelle le fils tardif de l’Âge d’argent de la littérature russe, est enseignée en 5e ou 6e année. Rares sont ceux qui retournent plus tard à cet auteur. Moi aussi, je suis restée avec l’image d’un écrivain amateur et chantre de la nature, auteur d’innombrables histoires de petits écureuils, lapins, hérissons et autres attachants habitants du Cellier du soleil.

« …et les ténèbres viendront… »

Nous sommes, malgré tout, en période de cadeaux ; de Lux et de luxe. Je me suis donc offert une combinaison des deux en allant écouter Boris Godounov au Teatro alla Scala, à Milan. Cet opéra, je le connais par cœur ; je l’ai vu… je ne sais trop combien de fois, dans toutes sortes de mises en scène – y compris celles du Grand Théâtre de Genève  et de l’Opernhaus de Zurich.

Problèmes de communication ?

Il y quelques jours j’ai publié, dans Nasha Gazeta, un article concernant l’attaque des hauts responsables ukrainiens contre le Comité international de la Croix-Rouge. Vous le savez certainement, le président Zelenski lui-même, dans son discours adressé au G20, a parlé de l’« autodestruction de la Croix-Rouge » et a vivement critiqué l’inefficacité du CICR quant à l’accès aux prisonniers.

A propos de l’auteur

Nadia Sikorsky

Nadia Sikorsky a grandi à Moscou où elle a obtenu un master de journalisme et un doctorat en histoire à l’Université d’État de Moscou. Après 13 ans passés au sein de l’Unesco, à Paris puis à Genève, et avoir exercé les fonctions de directrice de la communication à la Croix-Verte internationale fondée par Mikhaïl Gorbatchev, elle développe NashaGazeta.ch, premier quotidien russophone en ligne, lancé en 2007.

En 2022, elle s’est trouvée parmi celles et ceux qui, selon la rédaction du Temps, ont « sensiblement contribué au succès de la Suisse romande », figurant donc parmi les faiseurs d’opinion et leaders économiques, politiques, scientifiques et culturels : le Forum des 100.

Après 18 ans en charge de NashaGazeta.ch, Nadia Sikorsky a décidé de revenir à ses sources et de se concentrer sur ce qui la passionne vraiment : la culture dans toute sa diversité. Cette décision a pris la forme de ce blog culturel trilingue (russe, anglais, français) né au cœur de l’Europe – en Suisse, donc, son pays d’adoption, le pays qui se distingue par son multiculturalisme et son multilinguisme.

Nadia Sikorsky ne se présente pas comme une "voix russe", mais comme une voix d’Européenne d'origine russe (plus de 35 ans en Europe, passés 25 ans en Suisse) au bénéfice de plus de 30 ans d’expérience professionnelle dans le monde culturel – ceci au niveau international. Elle se positionne comme médiatrice culturelle entre les traditions russes et européennes ; le titre de sa chronique, "L'accent russe", capture cette essence – l’accent n’étant pas une barrière linguistique, ni un positionnement politique mais une empreinte culturelle distinctive dans le contexte européen.

Artices les plus lus

Du 30 janvier au 7 février, sur la célèbre station alpine suisse de Gstaad, se tiendra pour la 26ᵉ fois le festival international Sommets Musicaux, où chacun trouvera de quoi réjouir son oreille.

Aujourd’hui, les librairies de Suisse, de France, de Belgique et du Canada mettent en vente le roman de Saсha Filipenko Retour à Ostrog, publié par la maison lausannoise Éditions Noir sur Blanc dans la traduction française de Marina Skalova.