RAYON LIVRES

Serhiy Jadan : "Personne ne demandera rien. Nouvelles de Kharkiv", Editions Noir sur Blanc, 5 février 2026

Titre original «Арабески». Traduit de l’ukrainien par Iryna Dmytrychyn
128 pages • 19 Euros • 23,40 CHF

« Les trams ne circulent plus depuis fin février. » Il y a parfois des moments de calme dans cette ville hantée par la guerre. Les gens se rencontrent dans les lieux encore intacts : le stade de foot, une église, un bureau dans un immeuble. Le lecteur retrouve des personnages de Jadan dans ces nouvelles, un peu mystérieux : sont-ils musiciens, profs au chômage, mécaniciens ou consultants ? Aujourd’hui, ils sont occupés à autre chose : ils évacuent les survivants d’un quartier bombardé ; proposent un travail à un soldat blessé de retour du front ; assistent à l’enterrement d’un commandant d’unité…

Chacune de ces nouvelles laisse une impression profonde. Serhiy Jadan parvient à exprimer la vulnérabilité ressentie par les habitants de la ville, ainsi que les changements radicaux imposés à la vie quotidienne dans ce contexte de guerre. La mort est omniprésente, mais l’espoir demeure, et les relations humaines deviennent encore plus précieuses.

Serhiy Jadan est né en 1974 dans la région de Louhansk, dans l’est de l’Ukraine. Il est l’écrivain le plus populaire de sa génération. Chanteur de rock, auteur de douze recueils de poèmes et de plusieurs romans, il a publié en français chez Noir sur Blanc La Route du Donbass (récompensé par les prix Jan Michalski de littérature et Brücke-Berlin 2014), Anarchy in the UKR, suivi de Journal de Louhansk (2016) et L’Internat (prix de la Foire du livre de Leipzig 2018). Il a reçu plusieurs prix prestigieux, entre littérature et politique : le Prix de la paix des libraires allemands 2022, le prix Hannah-Arendt pour la pensée politique 2022, et en 2025, le prix de l’État autrichien pour la littérature européenne. En 2024, il s’est engagé dans l’armée ukrainienne pour défendre son pays.

A propos de l’auteur

Nadia Sikorsky

Nadia Sikorsky a grandi à Moscou où elle a obtenu un master de journalisme et un doctorat en histoire à l’Université d’État de Moscou. Après 13 ans passés au sein de l’Unesco, à Paris puis à Genève, et avoir exercé les fonctions de directrice de la communication à la Croix-Verte internationale fondée par Mikhaïl Gorbatchev, elle développe NashaGazeta.ch, premier quotidien russophone en ligne, lancé en 2007.

En 2022, elle s’est trouvée parmi celles et ceux qui, selon la rédaction du Temps, ont « sensiblement contribué au succès de la Suisse romande », figurant donc parmi les faiseurs d’opinion et leaders économiques, politiques, scientifiques et culturels : le Forum des 100.

Après 18 ans en charge de NashaGazeta.ch, Nadia Sikorsky a décidé de revenir à ses sources et de se concentrer sur ce qui la passionne vraiment : la culture dans toute sa diversité. Cette décision a pris la forme de ce blog culturel trilingue (russe, anglais, français) né au cœur de l’Europe – en Suisse, donc, son pays d’adoption, le pays qui se distingue par son multiculturalisme et son multilinguisme.

Nadia Sikorsky ne se présente pas comme une "voix russe", mais comme une voix d’Européenne d'origine russe (plus de 35 ans en Europe, passés 25 ans en Suisse) au bénéfice de plus de 30 ans d’expérience professionnelle dans le monde culturel – ceci au niveau international. Elle se positionne comme médiatrice culturelle entre les traditions russes et européennes ; le titre de sa chronique, "L'accent russe", capture cette essence – l’accent n’étant pas une barrière linguistique, ni un positionnement politique mais une empreinte culturelle distinctive dans le contexte européen.

L'AFFICHE
Artices les plus lus

Le 17 juin, dans la capitale italienne, on lira Les Nuits blanches de Dostoïevski. Telle est l’idée de La tempesta silenziosa, une initiative imaginée par l’écrivain Alessandro Baricco et organisée par le Département de la culture de Rome dans le cadre de la Journée de la mémoire de la Ville éternelle.

Un accent russe dans une collection d’Art Brut ? Je ne m’attendais certainement pas à en découvrir un dans l’exposition Écrits d’Art Brut à la Fondation Jan Michalski. Tout a commencé par une feuille de papier datée de décembre 1938, couverte de mots russes, français et anglais, qui faisait naître la vague impression d’un drame intime dissimulé dans des lignes et des symboles apparemment chaotiques.

Aux Éditions Noir sur Blanc, à Lausanne, vient de paraître le livre de Giles Milton "L’Affaire Staline : l’impossible alliance qui a permis de vaincre Hitler", en traduction française de Florence Hertz.