L’accent russe | Le blog de Nadia Sikorsky

La force du destin, ou La guerre dans un pays neutre

Après trois ans d'absence, la soprano russe de renommée mondiale Anna Netrebko est de retour à l'Opernhaus Zürich. Elle y interprète la Donna Leonora de La forza del destino, chef-d'œuvre de Giuseppe Verdi commandité par le tsar Alexandre II et présenté pour la première fois au public à Saint-Pétersbourg. La première zurichoise a eu lieu le 2 novembre, malgré une demande d’annulation émanant de l'ambassade d'Ukraine en Suisse.

« Félix dans tous ses états »

Ainsi, pour contourner le « Vallotton Forever », anglicisme que les commissaires de l’actuelle exposition qui se tient au Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne ont accolé à l’un des artistes suisses les plus célèbres, pourrait-on – paraphrasant « Harry dans tous ses états », vieux film de Woody Allen –, qualifier cette rétrospective consacrée à Félix Vallotton.

La culture russe est-elle condamnée ?

Cette question est au cœur du nouveau recueil d’essais de Mikhaïl Chichkine, Le Bateau de marbre blanc, paru récemment en français aux éditions lausannoises Éditions Noir sur Blanc et disponible dans les librairies de Suisse, France, Belgique et Canada.

Philippe Lüscher, Vassili Grossman et la bombe nucléaire

Demain, au Musée international de la Réforme de Genève, en marge de l'exposition « Apocalypses » qui s'y déroule, aura lieu une lecture publique du récit de Vassili Grossman intitulé Abel, le six août. Une prestation due à l'acteur Philippe Lüscher.

7 octobre – jour des espoirs brisés

Aujourd'hui, à l'occasion de l'anniversaire de l'attentat perpétré par le Hamas, un attentat qui a eu pour effet de repousser indéfiniment la possibilité d'une paix au Moyen-Orient, je souhaite vous présenter le livre d'une femme qui sait de quoi elle parle.

Alain Blum et Emilia Koustova : « L'histoire nous montre à quel point l'avenir est imprévisible ! »

Les auteurs m’envoient souvent leurs livres, qu'il s'agisse d'œuvres littéraires ou de recherches scientifiques. Malheureusement, je ne suis pas en mesure de tous les présenter, c'est pourquoi je sélectionne ceux qui, à mon avis, sont susceptibles de susciter le plus d'intérêt chez mes lecteurs. « Dépotés pour l’éternité. Survivre à l’exil stalinien, 1939-1991 » en fait partie.

Vladimir Jurowski : « La musique peut se permettre d'être apolitique, mais le musicien ne le peut pas »  

Du 15 au 19 septembre se déroulera à Bâle un festival intitulé « Macht Musik » – « Faire de la musique » –, événement qui se positionne comme « un festival consacré à la liberté de l'art sous la dictature ». Le jour de l'ouverture, le chef principal de l'Orchestre symphonique de la Radio de Berlin (Rundfunk-Sinfoniorchesters Berlin, RSB), Vladimir Jurowski, représentant d'une illustre dynastie musicale russe, prendra place au pupitre. Je vous propose une interview exclusive avec lui ; j’espère qu’elle repondéra à plusieurs questions de mes lecteurs. Nous avons commencé en andante.

Matthias Schulz : « Il ne faut pas s’en prendre aux artistes ! »

La saison de l'Opernhaus Zurich s'ouvrira avec le ballet Concerto ; le célèbre chorégraphe britannique Sir Kenneth MacMillan y traduit en langage chorégraphique la musique de Dimitri Chostakovitch. Dans l'ensemble, le programme de l'année musicale à venir donne envie de tout laisser tomber pour déménager dans la ville des bords de la Limmat. Je vous propose aujourd’hui une interview exclusive du nouveau directeur du théâtre, pour qui cette saison à Zurich est la première.

Le règne de la méfiance

L’histoire d’Alexeï Navalny, empoisonné dans l’avion Tomsk-Moscou le 20 août dernier et toujours dans le coma à ce jour, mais à présent en Allemagne, me fait penser à une autre histoire, encore plus tragique car son issue fatale est connue de tous.

« Prise de position »

De nos jours, la question de savoir s’il vaut mieux conserver l’histoire dans son intégralité ou en jeter une partie aux oubliettes est abondamment débattue. Ici et là, on déboulonne des statues, et même dans le pays équilibré et paisible qu’est la Suisse de telles idées se sont fait jour. Si, heureusement, elles ne se sont pas concrétisées, il y a tout de même lieu de s’inquiéter : comme on le sait, il n’est rien de bon à attendre d’une réécriture de l’histoire.

Quelques mots au sujet de Beyrouth

L’explosion dans le port de Beyrouth, dont les conséquences sont catastrophiques, a fait émerger des questions qui ne concernent pas uniquement le Liban. Le 4 août dernier, alors que je rejoignais des amis libanais pour dîner à Genève, j’ai entendu à la radio la terrible nouvelle de l’explosion dans le port de Beyrouth. On parlait ce soir-là d’une dizaine de morts et de plusieurs centaines de blessés. Très vite, j’ai reçu sur WhatsApp des images effrayantes d’appartements jonchés de bris de verre.

Vladimir Dimitrijević, neuf ans après

Le fondateur de l’Âge d’Homme, la plus grande maison d’édition de Suisse romande, nous a quittés il y a un peu plus que neuf ans – le 28 juin 2011. Bêtement, si l’on peut dire, puisqu’il a trouvé la mort dans un accident de la route, au volant de sa camionnette blanche remplie de livres qu’il transportait de Suisse en France. Je l’avais rencontré une année plus tôt et, comme beaucoup, je suis tombée sous son charme. Le charme d’un homme passionné.

À Novossibirsk, à Novossibirsk !

Il se trouve que, ces deux derniers mois, je me suis plongée dans le travail du metteur en scène russe Timofeï Kouliabine, âgé de 35 ans, à l’égard de qui j’éprouvais auparavant — et je peux désormais l’admettre — une certaine méfiance : le scandale autour de Tannhäuser avait bien laissé ce fameux « arrière-goût ».

Paata Burchuladze : héritier de la grande tradition des basses russes

Le 29 mai, le Théâtre Mikhaïlovski de Saint-Pétersbourg accueillera un gala consacré aux quarante ans de carrière du grand chanteur géorgien. Nous avons eu l’occasion de nous entretenir avec lui peu avant cet événement.

Paata, vous êtes né à Tbilissi, vous avez étudié à Milan et à Odessa, et pourtant vous vous définissez comme un représentant de l’école russe de basse. Pourquoi ?

Evgeny Kissin : « Mon seul critère est l’amour »

Dans le cadre du Festival de Verbier, qui s’est achevé il y a quelques jours, le célèbre musicien a accepté de participer à une rencontre publique dont les organisateurs ont confié la conduite à l’auteure de ces lignes. Il s’avère que si Kissin n’était pas devenu pianiste, il aurait pu devenir journaliste !

Youri Norstein : « Nous travaillons, tout simplement… »

L’un des invités du festival de musique « Lac magique », qui s’est tenu récemment à Lucerne, était, chose assez surprenante, un grand animateur russe dont Le Conte des contes a été reconnu comme le meilleur film d’animation de tous les temps. Une programmation spéciale, « Une nuit avec Norstein », était consacrée à son œuvre. J’ai eu la rare occasion de m’entretenir avec le Maître dans un cadre relativement calme.

A propos de l’auteur

Nadia Sikorsky

Nadia Sikorsky a grandi à Moscou où elle a obtenu un master de journalisme et un doctorat en histoire à l’Université d’État de Moscou. Après 13 ans passés au sein de l’Unesco, à Paris puis à Genève, et avoir exercé les fonctions de directrice de la communication à la Croix-Verte internationale fondée par Mikhaïl Gorbatchev, elle développe NashaGazeta.ch, premier quotidien russophone en ligne, lancé en 2007.

En 2022, elle s’est trouvée parmi celles et ceux qui, selon la rédaction du Temps, ont « sensiblement contribué au succès de la Suisse romande », figurant donc parmi les faiseurs d’opinion et leaders économiques, politiques, scientifiques et culturels : le Forum des 100.

Après 18 ans en charge de NashaGazeta.ch, Nadia Sikorsky a décidé de revenir à ses sources et de se concentrer sur ce qui la passionne vraiment : la culture dans toute sa diversité. Cette décision a pris la forme de ce blog culturel trilingue (russe, anglais, français) né au cœur de l’Europe – en Suisse, donc, son pays d’adoption, le pays qui se distingue par son multiculturalisme et son multilinguisme.

Nadia Sikorsky ne se présente pas comme une "voix russe", mais comme une voix d’Européenne d'origine russe (plus de 35 ans en Europe, passés 25 ans en Suisse) au bénéfice de plus de 30 ans d’expérience professionnelle dans le monde culturel – ceci au niveau international. Elle se positionne comme médiatrice culturelle entre les traditions russes et européennes ; le titre de sa chronique, "L'accent russe", capture cette essence – l’accent n’étant pas une barrière linguistique, ni un positionnement politique mais une empreinte culturelle distinctive dans le contexte européen.

L'AFFICHE
Artices les plus lus

Un accent russe dans une collection d’Art Brut ? Je ne m’attendais certainement pas à en découvrir un dans l’exposition Écrits d’Art Brut à la Fondation Jan Michalski. Tout a commencé par une feuille de papier datée de décembre 1938, couverte de mots russes, français et anglais, qui faisait naître la vague impression d’un drame intime dissimulé dans des lignes et des symboles apparemment chaotiques.

Le 17 juin, dans la capitale italienne, on lira Les Nuits blanches de Dostoïevski. Telle est l’idée de La tempesta silenziosa, une initiative imaginée par l’écrivain Alessandro Baricco et organisée par le Département de la culture de Rome dans le cadre de la Journée de la mémoire de la Ville éternelle.

Le titre de mon blog suppose un lien avec quelque chose sinon russe, du moins lié au monde russophone – il fallait bien me fixer certaines limites. Et il arrive que ce soit frustrant quand on a envie de raconter quelque chose et que ce lien ne se trouve pas. Mais c’est rare.