RAYON LIVRES

Witold Szabłowski: Ce qui mijote au Kremlin. Editions Noir sur Blanc, 12 mars 2026

De Lénine à Poutine, la Russie racontée par ses cuisiniers

 Traduit du polonais par Véronique Patte

368 pages • 25 Euros • 30 CHF

Szabłowski nous emmène à travers la Russie de Poutine, l’Ukraine, la Géorgie et d’autres anciennes républiques soviétiques, au fil d’une enquête sur les cuisines du pouvoir.

On y découvrira l’histoire du feuilleté au pigeon que mangea le tsar Nicolas II avant d’être fusillé avec son cuisinier, et comment un chef de Staline apprit à un chef de Gorbatchev la façon de chanter pour faire monter la pâte au levain. On y rencontrera une Ukrainienne centenaire ayant survécu à la Grande Famine orchestrée par Staline ; une cantinière qui apprenait aux soldats du front de l’Est à rôtir des escargots et à faire de la soupe aux orties ; ou encore la femme qui cuisinait pour Youri Gagarine et les autres cosmonautes. On y entendra les femmes qui tenaient les cantines des pompiers de Tchernobyl, et les Tatars de Crimée, dont la cuisine est de pure nostalgie.

Ce qui mijote au Kremlin est une histoire de banquets, de popote et de famine. Tour à tour drôle et poignant, Witold Szabłowski éclaire la façon dont les repas racontent le pouvoir — et comment, en Russie, la grande histoire s’écrit toujours à table.

 Witold Szabłowski est né en 1980. Il est devenu à 25 ans le plus jeune grand reporter du quotidien polonais Gazeta Wyborcza. Ses reportages sur les migrants en Europe de l’Ouest ont reçu le prix du Parlement européen ; son enquête sur un massacre de Polonais en Ukraine en 1943 a été couronné par le prix Ryszard-Kapuściński, et son livre sur la Turquie a remporté le prix du PEN-Club anglais. En 2021, Noir sur Blanc a fait paraître son grand reportage sur l’univers de l’après-communisme, Les Ours dansants, et, en 2024, Comment nourrir un dictateur, salué par la presse comme « un tour de force d’écrivain journaliste » (Le Figaro).

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A propos de l’auteur

Nadia Sikorsky

Nadia Sikorsky a grandi à Moscou où elle a obtenu un master de journalisme et un doctorat en histoire à l’Université d’État de Moscou. Après 13 ans passés au sein de l’Unesco, à Paris puis à Genève, et avoir exercé les fonctions de directrice de la communication à la Croix-Verte internationale fondée par Mikhaïl Gorbatchev, elle développe NashaGazeta.ch, premier quotidien russophone en ligne, lancé en 2007.

En 2022, elle s’est trouvée parmi celles et ceux qui, selon la rédaction du Temps, ont « sensiblement contribué au succès de la Suisse romande », figurant donc parmi les faiseurs d’opinion et leaders économiques, politiques, scientifiques et culturels : le Forum des 100.

Après 18 ans en charge de NashaGazeta.ch, Nadia Sikorsky a décidé de revenir à ses sources et de se concentrer sur ce qui la passionne vraiment : la culture dans toute sa diversité. Cette décision a pris la forme de ce blog culturel trilingue (russe, anglais, français) né au cœur de l’Europe – en Suisse, donc, son pays d’adoption, le pays qui se distingue par son multiculturalisme et son multilinguisme.

Nadia Sikorsky ne se présente pas comme une "voix russe", mais comme une voix d’Européenne d'origine russe (plus de 35 ans en Europe, passés 25 ans en Suisse) au bénéfice de plus de 30 ans d’expérience professionnelle dans le monde culturel – ceci au niveau international. Elle se positionne comme médiatrice culturelle entre les traditions russes et européennes ; le titre de sa chronique, "L'accent russe", capture cette essence – l’accent n’étant pas une barrière linguistique, ni un positionnement politique mais une empreinte culturelle distinctive dans le contexte européen.

L'AFFICHE
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Pour la première fois de toute ma carrière journalistique, je veux vous parler d’un concert auquel je n’ai aucune intention d’assister. Et la raison n’en est évidemment ni les compositeurs de génie dont les œuvres figurent au programme, ni même les interprètes. La raison tient à « l’emballage », qui m’a profondément choquée.

Que peut-on attendre d’un film consacré à des personnages réels, dont on connaît déjà l’issue ? En fait, beaucoup. En trois heures et demie de projection, le spectateur parcourt avec les protagonistes du film Les Rayons et les Ombres de Xavier Giannoli tout le chemin qui mène des bonnes intentions à l’enfer, ou plus précisément des illusions pacifistes de l’après-guerre à une participation consciente à la collaboration avec les nazis pendant l’Occupation de la France.

Je vous propose quelques réflexions sur un film documentaire «Mr Nobody Against Putin» d’un ancien vidéaste scolaire d’une ville russe de province, qui a suscité de vifs débats dans le milieu professionnel et sur les réseaux sociaux.