Szabłowski nous emmène à travers la Russie de Poutine, l’Ukraine, la Géorgie et d’autres anciennes républiques soviétiques, au fil d’une enquête sur les cuisines du pouvoir.
On y découvrira l’histoire du feuilleté au pigeon que mangea le tsar Nicolas II avant d’être fusillé avec son cuisinier, et comment un chef de Staline apprit à un chef de Gorbatchev la façon de chanter pour faire monter la pâte au levain. On y rencontrera une Ukrainienne centenaire ayant survécu à la Grande Famine orchestrée par Staline ; une cantinière qui apprenait aux soldats du front de l’Est à rôtir des escargots et à faire de la soupe aux orties ; ou encore la femme qui cuisinait pour Youri Gagarine et les autres cosmonautes. On y entendra les femmes qui tenaient les cantines des pompiers de Tchernobyl, et les Tatars de Crimée, dont la cuisine est de pure nostalgie.
Ce qui mijote au Kremlin est une histoire de banquets, de popote et de famine. Tour à tour drôle et poignant, Witold Szabłowski éclaire la façon dont les repas racontent le pouvoir — et comment, en Russie, la grande histoire s’écrit toujours à table.
Witold Szabłowski est né en 1980. Il est devenu à 25 ans le plus jeune grand reporter du quotidien polonais Gazeta Wyborcza. Ses reportages sur les migrants en Europe de l’Ouest ont reçu le prix du Parlement européen ; son enquête sur un massacre de Polonais en Ukraine en 1943 a été couronné par le prix Ryszard-Kapuściński, et son livre sur la Turquie a remporté le prix du PEN-Club anglais. En 2021, Noir sur Blanc a fait paraître son grand reportage sur l’univers de l’après-communisme, Les Ours dansants, et, en 2024, Comment nourrir un dictateur, salué par la presse comme « un tour de force d’écrivain journaliste » (Le Figaro).
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