Je le dis d’emblée : j’adore Mikhaïl Boulgakov. J’ai lu et relu toutes ses œuvres, je connais Le Maître et Marguerite presque par cœur et je me sens à tel point proche de ses personnages qu’aucune adaptation à l’écran ne me semble suffisamment fidèle aux intentions de l’auteur. J’ai donc appris avec tristesse le démontage de son monument à Kyïv. Le sujet est complexe et douloureux, mais je me permets de l’aborder puisque ma position est connue : dès le 24 février 2022, je me suis publiquement prononcée contre la guerre, mais aussi contre la haine et pour la préservation du bon sens. Ma position n’a pas changé depuis.
On pourra me dire que les gens qui vivent sous les bombardements ont d’autres préoccupations que la langue et la littérature russes. Je le comprends et je l’accepte, mais les faits indiquent le contraire. Le 4 juin dernier, le portail officiel de la ville de Kyïv a publié l’information suivante :
« Dans la capitale, le monument à Mikhaïl Boulgakov situé dans la descente Saint-André a été démonté. Il a été confié à l’héritière du sculpteur Mykola Rapaï pour être conservé.
Selon le Département de la protection du patrimoine culturel de l’Administration municipale de Kyïv, l’héritière avait auparavant saisi le groupe de travail interministériel chargé des mesures organisationnelles et juridiques visant à retirer les objets commémoratifs liés à l’histoire et à la culture de la Russie et de l’URSS, afin que l’œuvre de son père lui soit remise pour être conservée à titre privé.
Rappelons que le Conseil municipal de Kyïv avait décidé, le 18 décembre 2025, de retirer le monument de l’espace public de la capitale.
Le démontage s’est fondé sur l’avis d’experts de l’Institut ukrainien de la mémoire nationale, qui classe les objets consacrés à l’écrivain russe Mikhaïl Boulgakov parmi les symboles de la politique impériale russe. Cet avis a été établi conformément à la loi ukrainienne « Sur la condamnation et l’interdiction de la propagande de la politique impériale russe en Ukraine et la décolonisation de la toponymie ».
Selon cet avis, Mikhaïl Boulgakov figure parmi les personnalités que la propagande russe utilise pour glorifier la politique impériale russe, et les objets qui leur sont associés doivent être retirés de l’espace public. »
Si les experts et les responsables ukrainiens trouvent le temps de s’occuper de ces questions, c’est donc qu’elles leur paraissent importantes. Alors, on peut et on doit en parler.
Au début de cette année, en évoquant les Jeux olympiques de Sotchi, je m’interrogeais déjà sur le droit d’un pouvoir, quel qu’il soit, à revendiquer l’exclusivité d’une culture nationale, et sur le bien-fondé de punir les représentants de cette culture, Mikhaïl Boulgakov compris, parce que leurs noms et leurs œuvres sont utilisés à des fins de propagande, le plus souvent après leur mort. À mon sens, la réponse est non dans les deux cas. Un créateur, en l’occurrence un écrivain, n’appartient ni à un État, ni à une langue, ni à une ville, ni à un pays : il appartient à la littérature. Et il n’a aucun moyen de s’opposer à l’usage que l’on fait de lui à telle ou telle fin, et encore moins depuis l’au-delà. Mikhaïl Boulgakov et sa pièce Les Journées des Tourbine en sont un parfait exemple.
« Je suis né à Kiev en 1891. J’ai fait mes études à Kiev et, en 1916, j’ai terminé la faculté de médecine de l’université, obtenant le titre de médecin avec mention », écrit Mikhaïl Boulgakov au début d’une autobiographie d’à peine une page, rédigée en octobre 1924 et publiée dans le dernier volume de l’édition en cinq tomes de ses œuvres complètes parue en 1990, à Moscou. Il poursuit : « À la fin de 1921, je suis arrivé à Moscou sans argent ni affaires, pour y rester à jamais. À Moscou, j’ai longtemps souffert ; pour gagner ma vie, j’ai travaillé dans les journaux comme reporter et chroniqueur, et j’ai fini par détester ces métiers sans prestige. Par la même occasion, j’ai pris en haine les rédacteurs ; je les déteste aujourd’hui et les détesterai jusqu’à la fin de mes jours. »
Et c’est bien ce qui s’est passé. Ce n’est pas pour rien que, dans Les Journées des Tourbine, le capitaine Mychlaïevski lance au jeune junker Nikolka Tourbine : « Qu’est-ce que tu me fourres tes journaux sous le nez, junker ? Toute cette racaille de journalistes, je la pendrais à la même branche !»
Sur fond de chaos politique, chacun tente de comprendre à qui prêter serment, pour quoi se battre et si cela vaut la peine d’en mourir. Toute la diversité des opinions apparaît à travers les Tourbine et ceux qui se réunissent chez eux, dans cette maison où l’on vit, aime, se dispute, boit du vin, chante des romances à la guitare, écoute sonner l’horloge, reçoit amis et parents venus de province, et où l’Histoire fait irruption avec les coups de feu qui éclatent derrière les fenêtres. Au chaos des rues répond celui des esprits, ce que Boulgakov montre admirablement, non pas en son nom propre, remarquez-le, mais à travers ses personnages : officiers russes, hetman d’Ukraine, hommes de Petlioura, militaires allemands, junkers et haïdamaks, c’est-à-dire combattants des formations ukrainiennes.
Il faut rappeler que les ennuis autour des Journées des Tourbine – ce procès fait à Boulgakov, qui se poursuit en quelque sorte jusqu’à nos jours – ont commencé avant même la première. « Les nombreuses remarques formulées au printemps 1926 après la répétition générale ont entraîné une nouvelle révision de la pièce qui, à la première du 5 octobre 1926, avait acquis les contours idéologiques nécessaires. Dans la scène finale, on entendait en coulisses L’Internationale, “de plus en plus fort”, tandis que Mychlaïevski, capitaine de l’Armée blanche, faisait le choix du nouveau pouvoir. Malgré ce compromis évident, Les Journées des Tourbine ont déclenché une campagne de persécution contre le théâtre et le dramaturge. La pièce de Boulgakov n’a été autorisée qu’au Théâtre d’Art, mais même là, elle a été retirée plusieurs fois de l’affiche », raconte sur le site du Théâtre d’Art de Moscou Alexandre Smelianski, l’un des plus éminents historiens russes du théâtre.
J’ai essayé de relire la pièce aussi objectivement que possible, pour comprendre qui elle avait pu heurter et pourquoi. Et elle en a heurté plus d’un. Il est étonnant de voir à quel point les sentiments et les arguments ont peu changé en cent ans.
En 1926, l’un des principaux reproches du pouvoir soviétique désormais bien établi tenait au fait que les officiers blancs, ceux qui combattaient les bolcheviks pendant la guerre civile russe, étaient représentés comme des êtres humains suscitant la sympathie, et non comme des ennemis de classe caricaturaux. La pièce a donc été accusée de « propagande en faveur du mouvement blanc », de sympathies bourgeoises et de tendances contre-révolutionnaires. Or on sait que Staline a vu Les Journées des Tourbine à plusieurs reprises au Théâtre d’Art de Moscou ; selon une version largement répandue, au moins quinze fois, même si le nombre exact de ses visites n’a pu être établi avec certitude.
Staline a lui-même expliqué son attitude envers la pièce. Lors d’une rencontre avec des écrivains ukrainiens le 12 février 1929, dont la transcription non révisée figure sur le site de la Bibliothèque électronique des documents historiques, il affirme que même des hommes aussi « solides, fermes » que Tourbine et son entourage finissent par être contraints de reconnaître leur impuissance face aux bolcheviks, et qualifie Les Journées des Tourbine de « plus grande démonstration en faveur de la force irrésistible du bolchevisme ». Staline comprend pourtant parfaitement que Boulgakov lui-même n’a pas voulu donner ce sens à sa pièce : « Je pense que l’auteur, bien entendu, ne le voulait pas ; il n’y est pour rien. » Avouez-le : difficile de trouver un exemple plus éloquent de la capacité du pouvoir à mettre au service de sa propre idéologie une œuvre qui n’a nullement été écrite pour le glorifier !
Les participants ukrainiens à la rencontre rejettent catégoriquement l’interprétation de Staline. La transcription conserve même une remarque de Lazare Kaganovitch, qui dirigea le Parti communiste d’Ukraine de 1925 à 1928 : « Les Ukrainiens ne sont pas d’accord. (Bruit, conversations.) » Ils exigent explicitement le retrait de la pièce : « Nous voulons que notre venue à Moscou ait pour résultat le retrait de cette pièce. » Staline la défend ; pourtant, dès le mois de mars, la décision est prise de retirer du répertoire des théâtres soviétiques non seulement Les Journées des Tourbine, mais toutes les pièces de Boulgakov. Bien entendu, on ne peut affirmer que cette décision a été prise à la demande des écrivains ukrainiens, mais la similitude entre les jugements de 1929 et ceux de 2026 est frappante.
Le 28 mars 1930, poussé au désespoir, l’écrivain adresse une lettre au gouvernement de l’URSS et pose en substance la question en ces termes : laissez-moi travailler ou laissez-moi partir. Le 18 avril, Staline lui téléphone à l’improviste. « Peut-être est-il vrai que vous demandez à partir à l’étranger ? Quoi, nous vous avons vraiment beaucoup ennuyé ? » Boulgakov répond : « Ces derniers temps, j’ai beaucoup réfléchi à la question de savoir si un écrivain russe peut vivre hors de sa patrie. Et il me semble que non. » – « Vous avez raison. Je le pense aussi », répond Staline avant de lui demander où il souhaiterait travailler. Peu après, Boulgakov obtient un poste au Théâtre d’Art de Moscou.
En 1932, Les Journées des Tourbine retrouvent la scène, mais Boulgakov n’en devient pas pour autant un écrivain libre. Interdictions, censure et impossibilité de publier une part considérable de ses écrits le poursuivent jusqu’à sa mort, tandis que Le Maître et Marguerite, le roman grâce auquel son nom est aujourd’hui connu dans le monde entier, n’est pas publié de son vivant. Il est donc particulièrement paradoxal de voir en Boulgakov un symbole commode de la politique impériale d’un État : lui-même a lourdement souffert de l’appareil d’État de son propre pays.
Il se trouvera pourtant, des deux côtés de la frontière actuelle – et au-delà –, des gens pour s’offusquer de Boulgakov.
Ce sont bien sûr les Ukrainiens qui peuvent avoir le plus de griefs contre lui. Boulgakov était résolument hostile au mouvement nationaliste ukrainien ; les hommes de Petlioura sont dépeints sans la moindre sympathie et l’ukrainien, très présent dans le texte, peut parfois paraître caricatural, bien qu’il soit reproduit sans traduction : l’auteur ne doutait apparemment pas que les lecteurs russophones comprendraient parfaitement.
Il n’est guère surprenant qu’aujourd’hui encore de nombreux Ukrainiens – et loin d’être les seuls ! – frémissent en lisant une scène comme celle-ci :
« STUDZINSKI : Nous défendrons toujours l’Empire russe !
NIKOLKA : Vive la Russie !
CHERVINSKI : Permettez-moi de parler ! Vous ne m’avez pas compris ! Le hetman fera exactement ce que vous proposez. Lorsque nous aurons réussi à repousser Petlioura et que les Alliés nous auront aidés à vaincre les bolcheviks, alors le hetman déposera l’Ukraine aux pieds de Sa Majesté impériale, l’empereur Nikolaï Alexandrovitch… »
Il est vrai que l’emphase de Chervinski est aussitôt réduite à néant par la réplique suivante de Mychlaïevski : « Quel Alexandrovitch ? Et il prétend que c’est moi qui suis soûl… »
Mais si l’on lit attentivement Les Journées des Tourbine, la liste de ceux qui pourraient s’en trouver offensés s’allonge.
Au siècle dernier, cette pièce pouvait indigner les bolcheviks tout autant que les Ukrainiens, et elle peut encore indigner certains Russes aujourd’hui. Il suffit de lire cette tirade du colonel Alexeï Tourbine : « Si votre hetman, au lieu de jouer cette maudite comédie de l’ukrainisation, avait commencé à former des corps d’officiers, il n’y aurait même pas eu l’ombre d’un Petlioura en Petite-Russie. Et ce n’est pas tout : nous aurions écrasé les bolcheviks à Moscou comme des mouches. Et c’était le moment ! Il paraît que là-bas, ils mangent des chats. Ce salaud aurait sauvé la Russie ! […] Nous avons perdu la guerre ! Maintenant, nous avons autre chose, quelque chose de plus terrible que la guerre, que les Allemands, que tout au monde : nous avons les bolcheviks. »
Mais le hetman ne sauve pas la Russie. À l’approche des troupes de Petlioura, qu’Alexeï Tourbine appelle un « brouillard noir », il s’enfuit en Allemagne, vêtu d’un uniforme allemand. À ce moment-là, son aide de camp, le prince Novojiltsev, le commandant de l’Armée des volontaires avec tout son état-major, ainsi que le mari d’Elena Tourbine, le colonel Talberg, méprisé de tous, ont déjà pris la fuite, abandonnant les autres à leur sort. « Quand survient une catastrophe, tout le monde devient très agile », observe le général allemand von Schratt. « Même si les Allemands quittent l’Ukraine, l’Entente l’occupera et rétablira le hetman. L’Europe a besoin d’une Ukraine gouvernée par le hetman comme cordon contre les bolcheviks de Moscou », raisonne Talberg avant de prendre la fuite.
Les Juifs peuvent s’offusquer des propos de Bolbotoun, commandant de la 1re division de cavalerie pétliouriste, qui disserte sur les « youpins communistes ». Il est vrai que les Juifs ne s’offusquent plus de pareilles broutilles, tandis que les communistes, eux, pourraient fort bien le faire. Les Tatars, quant à eux, peuvent s’offusquer de Maxime, surveillant de lycée qui rappelle un peu Firs, le personnage de Tchekhov dans La Cerisaie. Voici comment il réagit au désordre qui règne dans l’établissement dont il a la charge : « On en a vu de toutes sortes, pour le tsar et contre le tsar, des soldats déchaînés, mais casser les pupitres… […] Des Tatars, de vrais Tatars… »
Boulgakov ne se souciait manifestement guère des sentiments de la postérité. Mais la littérature, me semble-t-il, n’existe pas pour éviter de froisser qui que ce soit. Et qu’en conclure : ne pas lire ?
Non, Les Journées des Tourbine n’est pas un manifeste pacifiste. Mais une chose est parfaitement claire : dans cette pièce, la guerre n’apporte à personne ni grandeur ni bonheur. Elle détruit le foyer, transforme le voisin d’hier en ennemi et oblige chacun à choisir entre ses convictions et sa vie. Et comment ne pas frémir aujourd’hui en lisant ces mots d’Alexeï Tourbine adressés aux junkers : « Qui voulez-vous défendre ? », puis ce qu’il dit des « généraux et de toute la clique de l’état-major » : « Ils vous obligeront à vous battre contre votre propre peuple. Et quand vous aurez le crâne fracassé, ils s’enfuiront à l’étranger. » Ou le cri de détresse de Mychlaïevski : « Je fais la guerre depuis 1914. Pour quoi ? Pour la patrie ? Et c’est ça, une patrie, quand on m’abandonne à la honte ?! » Ou encore les deux dernières répliques de la pièce, tandis que L’Internationale retentit en coulisses, de plus en plus proche :
« NIKOLKA : Messieurs, cette soirée est le grand prologue d’une nouvelle pièce historique.
STUDZINSKI : Pour les uns, un prologue ; pour les autres, un épilogue. »
Et comment ne pas éprouver de la sympathie et de la tendresse pour Lariossik, ce provincial maladroit et naïf qui, derrière les rideaux couleur crème de la maison des Tourbine, oublie toutes les horreurs de la guerre civile et avoue : « J’en ai terriblement assez des coups de feu. Je n’aime pas ça… »
Lequel de ces personnages faut-il considérer comme la « voix de l’auteur » ? Je ne me risquerai pas à trancher. Mais c’est précisément cette pluralité des voix qui allait à l’encontre de l’impératif idéologique dominant de l’époque, qui prescrivait de « chanter à l’unisson ». Soit dit en passant, ce genre de « chant choral » idéologiquement correct est toujours bien vivant et s’est répandu bien au-delà des frontières de la Russie. Et gare à celui qui ose se lancer dans une « partie solo ».
Cent ans plus tard, Les Journées des Tourbine nous parle de nouveau de Kyïv, de la guerre, de la peur, du choix, de la dignité humaine et du foyer que les hommes tentent de préserver tandis que le monde qui leur est familier s’effondre autour d’eux.
Et c’est là que surgit le paradoxe. Aujourd’hui, en Russie, on juge des gens pour s’être prononcés contre la guerre. Mais pour quoi juge-t-on Boulgakov en Ukraine ? Parce qu’il avait, il y a cent ans, une attitude jugée “incorrecte” envers le mouvement nationaliste ukrainien ? Parce que son Kyïv ne correspond pas à l’image que la ville se fait aujourd’hui d’elle-même ? À cause des répliques de ses personnages ? Ou bien un écrivain était-il censé prévoir quelles conceptions de l’histoire nationale seraient considérées comme correctes un siècle plus tard ?
Bien entendu, l’Ukraine, qui vit pour la cinquième année une guerre à grande échelle déclenchée par la Russie, a parfaitement le droit de décider qui elle souhaite voir honoré dans ses rues et sur ses places. Mais en Ukraine même, les avis sur ceux qui méritent d’être honorés ou condamnés sont loin d’être unanimes, et les débats sur la politique de la mémoire historique se poursuivent, tout comme ceux suscités par le démontage du monument à Boulgakov. La Russie, quant à elle, a transformé l’histoire, la langue et la culture, traditionnellement considérées comme des instruments de « soft power », en instruments de guerre ; il serait absurde d’exiger d’une société en guerre qu’elle les considère avec détachement.
Mais avoir le droit de démonter un monument ne signifie pas qu’il faille nécessairement en faire usage. Boulgakov n’est ni le général d’une armée qui a pris Kyïv, ni un fonctionnaire chargé d’appliquer une politique de russification, ni un idéologue de l’État. C’est un écrivain.
Je ne propose nullement de fermer les yeux sur ce que Boulgakov a écrit et pensé de l’Ukraine. Mais il faut tout lire. Ne pas extraire les citations qui nous arrangent, ne faire de l’écrivain ni un saint ni un symbole politique, mais lire. Discuter avec lui. Se révolter contre lui. Et reconnaître l’ampleur de son œuvre littéraire.
Je plains sincèrement ceux qui, pour des considérations idéologiques passagères, se priveront du bonheur de découvrir un grand écrivain et d’entrer en dialogue avec lui, d’autant que l’histoire a déjà démontré l’impuissance des interdictions face à Boulgakov.
On peut démonter un monument. On peut rebaptiser une rue. On peut déclarer un écrivain symbole d’un empire étranger, retirer ses livres des bibliothèques, cesser de monter ses pièces, interdire les traductions. Mais on ne peut interdire aux gens de lire et d’aimer les grands livres car, comme l’a dit Boulgakov lui-même, « les manuscrits ne brûlent pas ».
P.S. Les citations des Journées des Tourbine sont traduites du russe par l’auteure.

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